Face aux géants du Web, l’industrie automobile contrainte de coopérer

Les constructeurs automobiles ont résolument pris le virage des technologies numériques et des big data. Débordés par les géants de l’informatique et du Web sur la route des services innovants et de la voiture autonome, les leaders du secteur appuient sur l’accélérateur en multipliant les partenariats.

Le Mondial de l’automobile de Paris 2016 aura permis à l’industrie automobile d’afficher ses ambitions en matière de services innovants et de voiture autonome. Les constructeurs allemands BMW, Daimler et Audi, par exemple, ont annoncé le lancement prochain d’une application de surveillance du trafic basée sur des données vidéos collectées sur les véhicules et disponible à travers leur service commun de navigation « Here ». Volvo et Skoda se sont associés avec le concurrent de ce dernier, TomTom, pour proposer un service similaire. D’autres comme General Motors, Nissan et Volkswagen comptent également sur des données vidéos obtenues grâce aux capteurs de précision de la société israélienne Mobileye pour couper l’herbe sous les roues de la voiture autonome de Google.

 

Collaborer pour survivre

 

L’enjeu, pour les constructeurs automobiles, consiste à prendre la pole position sur l’innovation numérique dans les véhicules, sans céder le leadership aux sociétés technologiques telles que Google, Apple ou Tesla. Mais, pour cela, une coopération s’avère nécessaire voire indispensable, soit en mutualisant certaines ressources avec des marques concurrentes — tant que l’objectif demeure de réaliser des économies —, soit en s’appropriant l’expertise de startups ou d’entreprises confirmées, notamment des spécialistes de l’analytique et des big data. En effet, nombre d’observateurs soulignent que les industriels de l’automobile vont de plus en plus devoir s’impliquer dans la gestion des données. À l’instar des géants de l’informatique tournés vers le secteur automobile, les leaders du secteur s’immiscent toujours plus dans le domaine du logiciel.

Les véhicules connectés et autonomes hébergeant désormais de véritables plates-formes télécoms, les constructeurs s’allient également avec les géants du secteur – Cisco, Huawey, Intel… Et parallèlement, ils accélèrent leurs programmes de développement de voitures autonomes du fait des progrès affichés par Google et Tesla. Certains, comme Daimler, peaufinent leur technologie en interne alors que d’autres, comme Fiat, externalisent cette étape en s’alliant avec Google. Les premiers modèles devraient voir le jour d’ici 2020, alors qu’ils avaient prévu initialement de ne les dévoiler que dix ans plus tard…

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article au sujet des innovations numériques au Mondial de l’auto,

et un autre (en anglais) à propos du marché des big data dans les voitures évalué à 750 milliards de dollars d’ici 2030.