La révolution Blockchain est en marche

La technologie qui sous-tend le bitcoin, aujourd’hui 8ème monnaie mondiale, s’apprête à révolutionner échanges et transactions entre particuliers. Caractérisée par l’absence d’intermédiaire comme d’autorité centralisée, la blockchain marque une rupture digitale majeure et ouvre une nouvelle ère, celle de la confiance. Celle-ci reposant sur la collaboration massive des membres du réseau et des techniques de pointe en matière de cryptographie.

L’architecture de la blockchain prévoit que chacun des membres d’un réseau accède depuis son ordinateur à l’ensemble des informations partagées au sein d’un même registre infalsifiable et irrévocable grâce aux moyens cryptographiques mis en place. Ce système présente trois avantages : il limite les intermédiaires, garantit la conformité et la traçabilité des transactions et s’affranchit d’une infrastructure dédiée. En théorie, les usages sont donc légion, depuis l’échange de bitcoins jusqu’aux programmes plus complexes mettant en jeu des organisations décentralisées, en passant par les programmes auto-exécutables. Ces derniers, les smart contracts, ou contrats intelligents, permettent par exemple à une compagnie d’assurance de proposer un contrat spécifique aux professions agricoles. Recueillant les données météorologiques auprès d’une source de confiance – par exemple Météo France – l’application automatise la gestion du contrat, dont éventuellement le règlement d’indemnités.

 

Vers une « blockchain of things » ?

 

Si la monnaie électronique reste pour l’heure la seule application à très grande échelle de la blockchain, les promesses à moyen terme sont très nombreuses. Economie collaborative à grande échelle, réduction drastique des coûts de transactions grâce à la suppression des intermédiaires, développement de services inédits… les perspectives sont réjouissantes. Mais dans les faits, les champs d’application se limitent pour l’heure à quatre domaines : facilitation des échanges financiers, notarisation d’actes et de documents, exécution et certification des workflows, et enfin protection des propriétés numériques… Certains pourtant couplent déjà cette technologie avec l’internet des objets, conscients qu’une « blockchain of things » pourrait réaliser quotidiennement des milliards de transactions de manière automatisée – chaque objet communicant pouvant être assimilé à un membre du réseau. De même, une « blockchain of data » pourrait permettre de simplifier et d’automatiser la gestion des données personnelles.

 

En somme, se préparant au « tsunami » que devrait provoquer l’émergence de cette technologie dans l’ensemble des secteurs, les banques et compagnies d’assurance expérimentent déjà ses possibilités alors que les startups spécialisées se multiplient… Pour se préparer à cette mutation, les entreprises doivent dès à présent se pencher sur les rouages de leur organisation et mettre à plat leurs processus pour déterminer comment tirer parti de ces technologies horizontales, décentralisatrices et sécurisées.

 

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En complément :

La Blockchain en passe de revoir le fonctionnement de l’économie (en anglais),

Et le consortium Blockchain attire de nouvelles banques.