Chine : le phénomène des villes fantômes mesuré par les big data

Effet médiatique garanti : de longues avenues dépeuplées, bordées d’immeubles vides et où seul le vent soufflant à travers les arbres se fait entendre. Bienvenue dans les villes fantômes chinoises, là où les habitants sont deux fois plus rares que les appartements. Mais combien en existe-t-il exactement ? Pour le savoir, Baidu — l’équivalent de Google en Chine — a scruté durant plus de six mois ses données utilisateurs. Explications.

Entre 2011 et 2013, la Chine a coulé autant de béton que les États-Unis au cours du 20e siècle. Mais pas toujours judicieusement. À tel point que, dans diverses zones du pays, l’offre d’habitations est devenue très largement supérieure à la demande. Les conséquences de ce phénomène, à savoir la création d’aires urbaines quasi désertes, ont été abondamment traitées par les médias du monde entier sous la qualification de « villes fantômes ». Pourtant, rien ne permettait de quantifier précisément le phénomène jusqu’à la présentation récente de résultats par le moteur de recherche Baidu, qui a fait parler ses données.

Avant cette étude, le nombre de villes fantômes était estimé via une méthode approximative consistant à comptabiliser le nombre de lumières allumées le soir dans les zones résidentielles. L’approche du Google chinois, basée sur l’analyse de mégadonnées, permet d’avoir une bien meilleure vision du problème. En suivant pendant un peu plus de six mois ses 700 millions d’utilisateurs, soit la moitié de la population du pays, l’équipe de Baidu chargée de cette recherche a été en mesure faire la distinction entre les villes touristiques, vides une partie de l’année seulement, et les villes fantômes, dont la densité annuelle est inférieure à 5 000 habitants par kilomètre carré.

Un peu plus de 50 villes fantômes ont été identifiées par l’algorithme en temps réel du géant chinois de l’Internet. Les conclusions de cette étude, qui démontre une nouvelle fois l’intérêt des big data pour livrer une perception à la fois objective et exhaustive de nos villes, devraient notamment permettre au gouvernement de prendre de meilleures décisions en matière de planification urbaine.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article (en anglais) sur l’usage des big data comme outil de surveillance des étudiants chinois

et un autre (en anglais) sur l’Internet des objets et les villes intelligentes.

 

À lire sur Business Analytics Info :

« Comment les big data rendent la ville plus agréable »

et

« Les villes du futur pilotées par les big data ».