Facebook a inventé la météo amoureuse, et ce n’est pas anodin !

Plus fort que l’astrologie : avec toutes les données à sa disposition, Facebook est en mesure de prédire le début et la fin d’une relation amoureuse entre deux utilisateurs. Anecdotique ? Non : cette exemple résume avec pertinence le potentiel prédictif des big data, en même temps que les dérives possibles de leur usage en matière de vie privée.

La plupart des utilisateurs de Facebook n’ont aucune idée de ce que fait le réseau social avec la montagne de données qu’il collecte. En voici un exemple, judicieusement relayé par deux data scientists de la firme californienne au moment de la Saint-Valentin, en 2014 : en observant la fréquence et la quantité des interactions entre deux utilisateurs via le réseau social, Facebook est capable prédire le jour où ceux-ci feront évoluer leur statut de « célibataire » à « en couple » — et inversement. La note postée par les employés du géant américain ne dit pas à quoi une telle prédiction pourrait servir en pratique, mais on imagine assez bien l’intérêt pour les vendeurs de fleurs, bijoux ou préservatifs…

Pour parvenir à une telle connaissance du comportement prévisible de ses utilisateurs, Facebook n’a même pas besoin de consulter le contenu des messages que s’échangent les futurs tourtereaux : une banale analyse statistique suffit — bien qu’une analyse sémantique des émotions exprimées ait également été effectuée pour appuyer la démonstration. Si la plupart des citoyens s’inquiètent légitimement de projets gouvernementaux pouvant aboutir à une surveillance de masse de la population, assez peu ont conscience que les poids lourds du Web sont déjà en mesure de faire parler les données personnelles que leurs utilisateurs ont consenti à leur transmettre. Mais l’exemple de Facebook a une autre vertu éducative : il démontre le fabuleux pouvoir des big data en matière d’opportunités et de création de valeur. Au cas où certains, dans l’entreprise, l’ignoreraient encore.

Lire l’article (en anglais)

En complément :

Les deux posts (en anglais) des data scientists de Facebook au sujet de sa météo amoureuse : le premier et le deuxième,

et comment Cincinnati, Ohio, a introduit l’analyse prédictive à son arsenal numérique (en anglais).

 

À lire sur Business Analytics Info :

« Une expérience de psychologie sociale menée sur Facebook entraîne un débat juridique » et

« Big data : Dr Jekyll ou Mr Hyde ? »