A nous les idées, l’automatisation aux machines !

Quand ils regardent les machines, les humains se sentent parfois désarmés. Elles sont rapides, endurantes et ne se trompent jamais. Mais que dirait une machine à un humain si elle était capable de parler ? Cela pourrait ressembler à : « Sans toi, je ne suis rien. Je répète invariablement les mêmes tâches et suis dépourvue de la moindre créativité. » James M. Connoly, journaliste pour le site AllAnalytics, remet les choses à leurs places : oui, les machines ont des qualités, mais les humains en ont eux aussi !

Où trouver aujourd’hui de nouvelles opportunités de croissance lorsqu’on est une société ayant l’âge respectable de 116 ans ? C’est la question légitime que s’est posée le spécialiste de l’épicerie McCormick. Sa réponse a pris la forme d’une application, Flavorprint, qui aide les clients à dégoter de nouvelles recettes en fonction de leurs préférences. Derrière ce succès, des données et beaucoup d’analytique bien sûr. Mais aussi, sans doute, des heures de brainstorming et surtout un ingrédient central et indispensable : l’idée.

Cet exemple rapporté dans un article stimulant publié sur le site AllAnalytics synthétise assez bien le point de vue développé par son auteur, le journaliste James M. Connoly. Les ordinateurs peuvent nous montrer en quoi une idée est bonne ou mauvaise. Ils peuvent nous aider à identifier ou à mettre en œuvre cette idée. Mais trouver l’idée, ils en sont incapables ; c’est notre travail à nous, humains. Autrement dit, chacun son rôle.

Pourtant, note le rédacteur, le discours ambiant sur la place de l’homme face à la machine est relativement pessimiste. « Ces satanées machines vont finir par nous dépouiller de nos emplois ! » peut-on entendre ici ou là. Une inquiétude hors-sujet alimentée par une mauvaise interprétation de ce que signifie l’automatisation : les machines changent notre manière de travailler, certes, mais elles ne sont pas responsables de la disparition des emplois — qu’il faudrait plutôt, dans le cas du secteur automobile par exemple, imputer à des erreurs de management, aux coûts élevés et à la faible qualité des produits.

Enfin, comparer les compétences de notre cerveau à celles d’un ordinateur a, au fond, peu de sens puisque les instructions que le second exécute sont établies par le premier. Des machines peuvent bien battre des humains aux échecs ou à un jeu télévisé populaire comme Jeopardy, mais à qui doivent-elles cet exploit ? Bref, quand vous planchez sur un moyen d’améliorer vos performances économiques, oubliez vos complexes face aux capacités de calcul des ordinateurs en vous souvenant de cette question…

Lire l’article

En complément :

un article du même auteur (en anglais) au sujet du sensationnalisme autour des nouvelles technologies

et un autre relayant une étude de Deloitte prenant le contre-pied de ceux qui théorisent la fin du travail humain.

À lire sur Business Analytics Info :

« Comment les nouvelles technologies vont booster la productivité »

et « Ford appuie sa transformation numérique sur les big data »