Le paradoxe de la sous-utilisation des données de santé

Identification des habitudes de consommation, prise en compte des besoins du client, communication multicanale, meilleure efficacité… les progrès réalisés par les producteurs et vendeurs de biens de grande consommation grâce à l’analytique font l’objet d’une grande publicité. Mais qu’en est-il du secteur de la santé ? Tirons-nous le meilleur parti possible des données de santé disponibles ? Quels sont les enjeux liés à leur utilisation et les obstacles auxquels il faut faire face ?

La grande distribution est depuis longtemps à la pointe de l’utilisation des techniques analytiques. Les entreprises du secteur se sont lancées dans une course à la collecte et à l’analyse de données pour optimiser leurs ventes et répondre au mieux aux demandes de leurs clients. Paradoxalement, même si avec la Carte Vitale, les instances publiques en charge de la santé disposent d’un large éventail de données pour faire toutes sortes d’études et de suivis, elles ne les utilisent pas pleinement. Ces données seraient en effet utiles à un grand nombre de professionnels de la santé : chercheurs, autorités de santé, médecins, pharmaciens, infirmiers, mais aussi assureurs, laboratoires pharmaceutiques, etc. Le suivi du patient serait plus aisé, les incompatibilités entre traitements pourraient être identifiées plus rapidement et leurs conséquences à long ou très long terme (et aussi sur la descendance) pourraient être évaluées plus précisément. Au niveau national, l’analyse de ces données permettrait d’anticiper la propagation des épidémies, d’établir des statistiques sur les prescriptions, voire de détecter les détournements d’AMM (Autorisation de mise sur le marché).

Cependant, contrairement aux produits de grande consommation, les données de santé sont soumises à des règles strictes : les impératifs de confidentialité sont bien plus forts, l’efficacité et la dangerosité des produits et des innovations doivent être suivies de près, et les dépenses (issues de la collectivité) doivent être contrôlées pour retrouver un équilibre budgétaire.

Des solutions sont en discussion pour tirer profit de cette multitude de données et libérer leur potentiel, mais le temps presse ! Les pratiques et réalisations du secteur de la grande distribution sont à ce titre une source d’inspiration non négligeable.

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En complément :
un article (en anglais) sur l’importance de la compréhension du besoin client
et un autre (en anglais) de Wired sur les avantages du partage des données médicales

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« Quelle visualisation des données pour communiquer sur la santé ? »
et « Santé : prendre le virage de l’analytique pour éviter le chaos »