Les données de téléphonie mobile, une arme contre Ebola

Suivre les mouvements de population grâce aux traces laissées par les appels téléphoniques permettrait de localiser les foyers potentiels du virus Ebola. Un éditorial de l’hebdomadaire britannique The Economist enjoint gouvernements et opérateurs à s’entendre afin d’utiliser cet outil prometteur dans la lutte contre la progression de l’épidémie en Afrique de l’Ouest.

Fin novembre, le bilan de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest établi par l’OMS faisait état de plus de 17 000 personnes touchées, dont près de 6 000 morts. En Sierra Leone, la situation était telle fin décembre que les autorités du pays ont décrété un couvre-feu pour les festivités de Noël et du nouvel an. Beaucoup a déjà été fait pour enrayer la progression du virus, rappelle The Economist : fermeture des frontières, filtrage aux aéroports, suspension des écoles… Mais, regrette le célèbre hebdomadaire britannique, les données de téléphonie mobile ont été négligées malgré leur intérêt en matière d’épidémiologie.

Chaque appel passé depuis un téléphone portable laisse en effet une trace sous la forme d’un enregistrement de données (CDR) permettant d’obtenir une indication sur la position géographique de l’appareil. Des scientifiques ont déjà utilisé ce type d’informations pour cartographier l’apparition de la malaria en Afrique de l’Est ou encore pour modéliser l’évolution du choléra après le tremblement de terre en Haïti. Appliqué à l’actuelle épidémie d’Ebola, l’usage de ces données pourrait servir à identifier les déplacements de populations pour anticiper la localisation des futurs foyers du virus et donc optimiser le déploiement des ressources médicales.

Pourtant, note The Economist, les opérateurs de téléphonie mobile se montrent réticents à l’idée de partager ces CDR avec la communauté scientifique, particulièrement dans des pays où la notion de démocratie et de vie privée est toute relative. Cependant, les données pourraient tout à fait être anonymisées, argumente l’hebdomadaire, en appelant les gouvernements à convaincre les opérateurs de mettre à disposition des chercheurs cet outil supplémentaire pour endiguer une épidémie sans précédent.

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :
un autre article de The Economist (en anglais) sur le même sujet
et un article sur la détection de l’épidémie d’Ebola par un algorithme avant sa déclaration officielle
À lire sur Business Analytics Info :
« Les données au cœur de la lutte contre Ebola »
et « L’analyse de données au service de la réponse humanitaire »