Les assureurs sont-ils prêts à lutter contre la fraude ?

La fraude à l’assurance ne cesse de progresser en Europe. Les assureurs se mobilisent sur plusieurs fronts : renforcement des moyens de détection et d’investigation, amélioration des procédures d’indemnisation et de souscription de contrat, investissement dans des technologies plus performantes. Business Analytics Info fait le point sur la maturité des assureurs européens en matière de lutte anti-fraude, via l’analyse des résultats d’une enquête réalisée par SAS.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en France, la facture totale engendrée par la fraude à l’assurance atteint 2,5 milliards € par an, dont une grande part concerne les assurances automobiles. Au Royaume-Uni, les fraudes non détectées culminent à 2,1 milliards de livres sterling, ce qui représente une majoration de la prime d’assurance de 50 livres pour chaque assuré. Aux Pays-Bas, elle a augmenté de 25% en cinq ans, entraînant une hausse moyenne de 150€ des primes d’assurance. En moyenne, 10 à 15 % des déclarations de sinistres en Europe comportent une part de fraude…

Dans un contexte déjà difficile –concurrence, réglementations, nouveaux canaux de distribution, etc. – les assureurs disposent d’une faible marge de manœuvre pour rétablir leur rentabilité. La lutte contre la fraude représente un moyen d’améliorer sensiblement leur bilan et les technologies analytiques contribuent largement à cet objectif.

C’est l’un des constats dressés par une enquête menée en ligne par SAS auprès de 72 compagnies d’assurance en Belgique, en France, en Espagne, aux Pays-Bas, au Portugal et au Royaume-Uni. Si les compétences humaines sont en place – la majorité des personnes interrogées disposent déjà d’une unité d’investigation dédiée (33 %) ou d’une équipe transversale (35 %) – la diversité des fraudes et surtout la faiblesse des systèmes de détection des fraudes restent aujourd’hui des sujets de préoccupation : seulement 13% des assureurs européens utilisent la panoplie analytique complète (combinant des règles métiers et des techniques analytiques avancées) pour lutter contre la fraude et 21% sont équipés d’un système de surveillance en temps réel (alors qu’elles sont 64 % à ne suivre la fraude qu’une fois par mois, voire par trimestre).

Pourtant, 57 % des adeptes des techniques analytiques ont vu leur taux de détection des fraudes croître de plus de 4 % en glissement annuel. Parmi ceux qui n’ont recours à aucune solution ou uniquement à des règles métier, seuls 16% ont observé une telle hausse. Conclusion : l’adoption d’une approche analytique hybride, le recours à plusieurs techniques analytiques et les résultats cumulés permettent de détecter davantage de fraudes.

 

Lire l’article (en anglais)

 

A télécharger :
Le rapport complet « Compagnies d’assurance : êtes-vous bien équipées pour réussir à lutter contre la fraude ? » 

 

En complément :
un article sur les apports des Big Analytics dans la lutte anti-fraude 

 

A lire sur Business Analytics Info :
« Les bonnes pratiques de lutte contre la fraude »

et

«Regards croisés : Fraude aux services de santé en Europe »