Big data : réguler pour mieux sauter

Le développement des réseaux sociaux, du cloud et de techniques d’analyse prédictive de plus en plus puissantes permettent de collecter, stocker et analyser les données d’une façon inimaginable il y a encore quelques années. Mais sans un effort de régulation de la part des industriels des données, le filon lucratif des big data risque de se heurter à des consommateurs soucieux de la protection de leur vie privée.

Selon le Wall Street Journal, le géant américain Facebook veut offrir aux publicitaires de plus en plus d’informations sur ses utilisateurs et sur leurs habitudes de navigation. Pour cela, le réseau social récupère l’historique du navigateur Web grâce à quelques lignes de codes placées dans leurs ordinateurs. Cette astuce est-elle légale ou illégale ? Ni l’un ni l’autre, estime le juriste Richard Martinez, en constatant le vide juridique qui entoure la pratique de plus en plus répandue de la collecte et de l’analyse des données utilisateur à des fins commerciales.

En 1970, les États-Unis ont adopté une loi pour encadrer l’usage des données client dans les domaines du crédit, du logement et de l’emploi. Face aux possibilités croissantes de récupérer ces mêmes données sur la Toile et de les traiter avec des outils de plus en plus puissants, la Commission fédérale du commerce a récemment recommandé au Congrès américain de prendre de nouvelles dispositions législatives afin de réguler cette activité, en réclamant plus de transparences aux industriels des données et en offrant aux consommateurs un meilleur contrôle sur leurs données personnelles.

Ceux qui rassemblent et vendent ces données sont opposés à une telle législation, affirmant qu’une autorégulation efficace est une meilleure solution dans un secteur en croissance rapide et en mutation constante. Mais pour Richard Martinez, l’absence de normes conduit fatalement à des abus, ce qui attire l’attention des médias. Refuser aux utilisateurs l’accès à leurs données personnelles, ne pas leur donner la possibilité de les corriger ou de les supprimer, c’est prendre le risque d’un retour de manivelle. Enfin, du point de vue des affaires, se reposer sur un cadre légal clair et stabilisé est préférable pour profiter des opportunités offertes par les big data.

Lire l’article : 

En complément : un article sur les contraintes réglementaires liées à l’exploitation des big data 

Et un autre (en anglais) sur la situation législative en matière de données en Europe

À lire sur Business Analytics Info : « Les big data ouvrent la voie aux data crunchers. La parole à Eric Pistre du Groupe Estia »

et « Big data : Dr Jekyll ou Mr Hyde ? »