Comment l’analytique aide les professionnels du renseignement

Les agences spécialisées dans le renseignement sont confrontées à des menaces qui changent et évoluent constamment. Qu’elles s’attaquent à des réseaux de crime organisé ou à des terroristes isolés, elles doivent sans cesse adapter leurs pratiques. Les défis auxquels elles doivent faire face sont accentués par des contraintes financières de plus en plus fortes.

Les spécialistes du renseignement doivent trouver des moyens plus efficaces pour exécuter leurs missions, à l’instar de toutes les forces de sécurité dans le monde. L’une des solutions consiste à analyser les très nombreuses données générées et conservées par leurs soins. Simples enregistrements ou systèmes de reconnaissance automatique de plaques d’immatriculation, les sources de données dont disposent les agences de renseignement sont multiples, des plus simples aux plus complexes, et la richesse de ces données offre désormais un potentiel jusqu’alors difficilement exploitable.

Nous sommes à l’ère des big data. Le volume, la rapidité et la variété des données auxquelles les agences ont accès, peut parfois dépasser leur capacité à les stocker, les traiter et les analyser pour améliorer leurs prises de décision. Dans le passé, la plupart des agences de renseignement exploitaient les données qu’elles conservaient en interne, ainsi que les renseignements qu’elles généraient elles-mêmes sous la forme de rapports, ou encore les informations collectées lors des enquêtes qu’elles menaient. Dans cet environnement étroitement contrôlé, la croissance des volumes de données restait gérable.

Au cours des vingt dernières années, la situation a radicalement évolué, à mesure que les volumes de données se sont multipliés dans tous les aspects de nos vies. Les agences de renseignement peuvent désormais puiser dans des sources de données externes, dont les volumes ne cessent de croître.

 

A la recherche de la pépite

Les agences cherchent constamment à mieux comprendre et appréhender les situations sur lesquelles elles enquêtent. Elles doivent tirer parti de toutes les informations disponibles et les analyser pour dégager une image claire de l’évolution dans le temps d’une situation, ce qui se révèle de plus en plus difficile dans un contexte où les criminels et les terroristes utilisent de plus en plus Internet, les réseaux sociaux et d’autres canaux numériques.

Simultanément, la plupart des données générées ne sont plus des données structurées contenues dans des bases de données relationnelles – et donc faciles à gérer. Au contraire, une proportion significative de ces données sont « non-structurées » et prennent la forme de documents écrits, de transcriptions, de témoignages ou de contenus Internet, ce qui engendre de nouveaux défis.

L’incapacité à accéder rapidement à ces big data, à identifier des données utiles et pertinentes mène à rater des opportunités. Le temps dont disposent les analystes est souvent consommé par des tâches liées à la gestion des données, plutôt qu’à leur analyse. Les professionnels du renseignement ont également du mal à dégager la vision globale nécessaire pour obtenir les éléments de compréhension qu’ils recherchent.

Comme beaucoup d’entreprises, les agences doivent résoudre des problématiques à la fois technologiques et organisationnelles. Submergées par les volumes et la complexité des données et ralenties par une organisation en silo, elles doivent y faire face pour dégager la vision globale que l’analyse de ces données pourrait révéler.

Pour y parvenir, les agences doivent utiliser les technologies les plus récentes de stockage et de traitement analytique, comme Hadoop par exemple, qui tire parti de matériels d’entrée de gamme pour stocker de manière fiable d’énormes quantités de données. Avec cette approche, les agences peuvent aisément stocker des données non-structurées, sans nécessité de les prétraiter. La puissance de traitement en parallèle est aussi essentielle pour les aider à exploiter très rapidement des volumes massifs de données – un atout capital pour les forces de sécurité.

Tirant parti de cette capacité à traiter rapidement et efficacement de gros volumes de données, les agences de renseignement peuvent mettre en œuvre des systèmes analytiques haute performance (HPA) ou des systèmes d’analyse des big data ( big analytics) pour dévoiler des tendances cachées, des anomalies et d’autres informations utiles pouvant améliorer les prises de décision.

L’analytique haute performance permet aux forces de sécurité d’intégrer et d’analyser d’énormes volumes de données variées, structurées ou non structurées, à grande vitesse. Les agences passent ainsi d’une approche réactive, par rapport à des événements qui sont déjà survenus, à une approche proactive basée sur la prédiction et la prévention.

 

Trouver les réponses

La véritable valeur ajoutée offerte par l’analyse haute performance des big data réside dans le fait que les agence n’ont pas besoin de connaître ce qu’elles recherchent avant de démarrer leur investigation. Elles n’ont pas à chercher la fameuse aiguille dans une meule de foin. Les techniques analytiques permettent plutôt de modéliser les données et de rechercher des informations d’intérêt, en focalisant leur attention sur des contenus pertinents. Ceci peut être réalisé grâce à des analyses et des processus d’investigation standards pour déterminer si l’information est un renseignement viable, c’est-à-dire en transformant des big data en intelligence, puis en action.

Ces technologies analytiques innovantes favorisent des prises de décision plus rapides et efficaces, grâce à une analyse plus performante des volumes de données en croissance constante. La capacité à passer au peigne fin les big data et les techniques de management de données sont essentielles pour aider les professionnels du renseignement à mettre au jour des tendances cachées et à prendre de meilleures décisions.

Récemment, les agences de renseignement ont pris conscience des bénéfices offerts par les big data dans la prévention et la résolution de crimes et de menaces pour la sécurité. La donnée est de plus en plus considérée comme un moyen plutôt qu’un problème et les plus récentes technologies sont désormais disponibles pour leur permettre d’en tirer le meilleur parti.

 

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« Evolution des menaces de sécurité – Comment l’analytique peut contribuer à la lutte contre le terrorisme ? »
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