Evolution des menaces de sécurité – Comment l’analytique peut contribuer à la lutte contre le terrorisme ?

Dans tous les pays, le paysage de la sécurité nationale évolue et la nature des menaces terroristes et les tactiques utilisées changent tous les jours. Il y a dix ans, l’écosystème terroriste était composé de groupes organisés et complexes. Aujourd’hui, alors que ce type de menace continue d’exister, on constate l’émergence d’une nouvelle forme de menace, prenant la forme d’individus ou de petits groupes isolés, menant des attaques de manière solitaire. Joanne Taylor, Director Public Security chez SAS, nous explique dans quelle mesure l’analytique peut aider les gouvernements et leurs services de police à lutter contre ces nouvelles formes de terrorisme.

Deux exemples ont illustré récemment cette évolution : l’attentat du Marathon de Boston en avril 2013 et l’incendie d’un 4×4 sur la place Tienanmen de Pékin, en Chine en octobre dernier, exécuté par une famille d’extrémistes religieux. Ces deux actions furent essentiellement des complots organisés par ceux qui les ont exécutés, avec peu ou pas d’intervention directe ou d’influence de parties externes.

 

Ces incidents illustrent bien l’évolution des menaces terroristes auxquelles sont confrontées nos sociétés aujourd’hui. Dans le passé, les services de lutte anti-terroriste traitaient traditionnellement avec des groupes très organisés qui affichaient des objectifs précis et agissaient selon des modus operandi connus. Ils étaient ainsi capables de poser des questions ciblées à propos d’une organisation et ses méthodes de travail ; et de collecter des données pour améliorer leur connaissance et leur compréhension de ces groupes.

 

 

L’évolution récente des menaces, émanant de petits groupes ou d’individus isolés, génère de nouveaux défis. 

Identifier les menaces d’un nombre croissant d’individus, agissant souvent seuls, est devenu difficile, mais différentier ceux qui ne font que tenir des discours extrémistes et ceux qui sont prêts à passer à l’acte pose un défi important : à quel niveau du processus d’investigation investir des ressources et du temps ?

Comme l’ont mis en relief les attentats de Boston et de Pékin, les groupes terroristes actuels sont souvent discrets. Pourtant, ils continuent de représenter une sérieuse menace pour le public. Le paysage des menaces évolue en permanence, les services de lutte anti-terroriste doivent s’adapter rapidement pour imaginer de nouveaux moyens pour les contrer.

 

Dans quelle mesure l’analytique peut apporter une réponse ? 

Les méthodes traditionnelles de renseignement sont bien sûr toujours nécessaires pour prendre en charge l’évolution des menaces, mais de nouveaux outils sont également requis.

 

Ce nouveau type de terroristes isolés avec peu de connexions ou de petits groupes opérant seuls, est par nature difficile à détecter. Ils sont insaisissables et discrets. Malgré cela, ils laissent inévitablement des traces. Des informations sur leurs comptes bancaires, leurs déplacements, leurs appels téléphoniques ou leur navigation en ligne existent forcément quelque part. Mais, il est probable que les services de lutte anti-terroriste ne puissent passer au crible toutes ces données et trouver lesquelles dissimulent des menaces. Typiquement, ils ne sauront pas qui ils cherchent, ni ce qu’ils recherchent, donc ils ne sauront pas quelles questions poser. Et c’est justement là que l’analytique offre un avantage décisif : son bénéfice réside dans le fait que ces services n’ont pas besoin de savoir ce qu’ils cherchent pour l’utiliser efficacement. Ils n’ont pas besoin de procéder à une recherche de données spécifiques, ni de poser des questions précises. La technologie permettra de transmettre aux autorités des informations susceptibles de les intéresser. Elle peut identifier des individus consacrant beaucoup de temps à des recherches d’informations sur la fabrication d’une bombe ou à la visite de sites web haineux, ainsi que des comportements ou associations inhabituels.

 

L’analytique peut se révéler d’une aide précieuse dans le cadre du renseignement sur les activités terroristes ; elle permet littéralement de trouver une aiguille dans une meule de foin. Dans le contexte de ce nouveau paysage du terrorisme, l’analytique offre aux services de renseignement l’opportunité de signaler des individus dont les comportements peuvent cacher des agissements répréhensibles, et plus uniquement parce qu’ils sont connectés à des réseaux ou des groupes connus pour leur participation à des actions terroristes.

 

Une fois que les domaines d’intérêt ont été identifiés, les autorités peuvent affiner leurs informations et allouer plus de ressources à des investigations approfondies.

 

L’analytique offre aux gouvernements un moyen pour démarrer, ce qui se révélera probablement essentiel pour lutter contre la nature changeante des menaces auxquelles est et sera confronté le monde.

 

En complément :

un article (en anglais) sur l’analyse des big data dans le cadre de la lutte anti-terroriste 
et un livre blanc à télécharger : « Sécurité Publique – Défis et perspectives à l’heure des Big Data – SAS France » 

 

A lire sur Business Analytics Info :

« Actualité : les big data et la lutte antiterrorisme » 
et « Les Big Analytics pour contrer le crime organisé ».