Open data (2/2) : les entreprises privées restent réservées

Si aujourd’hui le mouvement de l’open data repose principalement sur des données issues des entreprises du secteur public, celles du secteur privé en sont les premières consommatrices. Peu à peu, on voit grandir l’intérêt de ces dernières pour une contribution à l’open data. Mais ces velléités sont souvent refroidies par des questions juridiques. Pour que les entreprises privées deviennent également productrices de données ouvertes, il reste à définir un cadre légal d’utilisation des données privées ou personnelles.

Les entreprises du secteur public ne sont plus les seules concernées par les applications d’open data. Les précurseurs – Rennes Métropole, Ville de Paris ou de Montpellier  – ont fait des adeptes, et pas seulement auprès de leurs collègues du secteur public. Les entreprises privées qui se sont longtemps cantonnées au rôle de consommatrices de l’open data, deviennent à leur tour contributrices. Les délégataires de services publics (Lyonnaise des eaux, Suez, …) ont naturellement été les premières à s’intéresser au phénomène. Puis, de grands noms comme Crédit Agricole, Nike, JPMorgan ont exploré les potentialités de l’open data, en premier lieu pour des raisons de notoriété. Plus récemment la SNCF a lancé une application permettant d’une part aux voyageurs de connaître le taux d’occupation des trains, mais également à ses propres services de réguler ses activités logistiques.

 

De son côté, par la voix de son PDG, Orange a récemment annoncé le développement de services tirant parti du croisement des données spatio-temporelles (et anonymes) issues des téléphones mobiles de ses clients avec des données ouvertes issues des collectivités locales. Une expérimentation a déjà été réalisée à Marseille, dans le cadre d’un programme d’analyse des déplacements des usagers des transports en commun. En Côte d’Ivoire, l’opérateur participe à un programme de recherche axé sur la lutte contre les épidémies. Sur fond des affaires PRISM et NSA, Orange précise que ces services garantiront le respect de la vie privée, via divers mécanismes, tels que, par exemple, la mise à disposition des clients d’un tableau de bord favorisant le contrôle de l’utilisation de leurs données.

 

Une enquête de 2011 réalisée par BVA pour le compte de BlueNove dévoile l’intérêt des grandes entreprises vis-à-vis de l’ouverture de leurs données, surtout dans les domaines de l’environnement (40% des personnes interrogées), des techniques (37%) et du marketing (26%). Seulement 4% conviennent ne pas être prêtes à partager leurs données. Parallèlement, 63% considérent l’ouverture des données comme un moyen d’améliorer la satisfaction des clients et 60% d’accélérer la création de nouveaux produits et services. Mais si elles sont conscientes des bénéfices qu’elles pourraient en tirer, les entreprises restent très préoccupées par le cadre légal régissant l’exploitation et la divulgation de données personnelles : respect de la vie privée, propriété intellectuelle et responsabilités.

 

Lire l’article

 

 

En complément :
le livre blanc de BlueNove reposant sur une enquête réalisée par BVA
et un article sur la stratégie d’Orange en matière d’open data.

 

A lire sur Business Analytics Info :
« Big data, facteur de puissance des Etats modernes »  et
« Les arts et les lettres… et les chiffres aussi ! ».