Open data (1/2) : une valeur ajoutée économique potentielle de 3 000 milliards de $

On connaissait la vocation de l’open data à simplifier la vie des citoyens, tout en offrant plus de transparence sur l’action publique. Ce mouvement aurait également un impact économique non négligeable, selon McKinsey. Il abattrait les barrières freinant le partage d’informations entre secteurs et ouvrirait des perspectives illimitées d’innovation ou de création de nouveaux produits et services. Avec à la clé, gains d’efficacité et créations d’emplois.

L’open data, c’est-à-dire les jeux de données publiques ou privées, mis à la disposition de chacun avec l’autorisation de les utiliser, de les croiser avec d’autres données et de les diffuser est, comme l’explique Henri Verdier, Directeur d’Etalab : « (…) à la croisée de plusieurs histoires : la transparence, l’implication de la société civile dans l’action publique et les nouvelles stratégies d’innovation après la révolution numérique ». Si ce mouvement a pris son envol avec l’irruption d’Internet dans tous les aspects de nos vies personnelles et professionnelles, la quête de données remonterait selon McKinsey au début du XIXème siècle, lorsque Thomas Jefferson envoie une expédition en Louisiane pour collecter des données sur les territoires récemment achetés à Napoléon. A la même époque, Darwin partira en voyage… pour collecter également des données…

Les premières applications de l’open data ont tout d’abord concerné les services publics, sous l’impulsion des États, au départ anglophones. Par exemple aux Etats-Unis, www.data.gov regroupe aujourd’hui plus de 80 000 jeux de données, alors que son homologue britannique en contient près de 18 000. En France, la plate-forme nationale www.data.gouv.fr en propose plus de 13 000, variant de l’inventaire forestier à la démographie des personnels de santé libéraux, aux aides de la PAC et aux données de recensement depuis 1963. Ces premières applications permettent d’obtenir des informations sur les conditions de circulation ou  météorologiques, des informations pratiques (horaires d’ouverture), des services géolocalisés, etc. Mais le mouvement de l’open data ne se cantonne à ces services de consultation de données : des entreprises les utilisent, généralement en les croisant à d’autres données, pour construire de nouveaux services payants ou non. Au-delà des services qu’elles rendent, ces données ont une valeur et à ce titre peuvent être monétisées.

Dans une étude récente, McKinsey s’attache justement à chiffrer la valeur économique de ces données « ouvertes ». Concentrant sa recherche sur 7 secteurs d’activité aux Etats-Unis – éducation, transport, produits de consommation, électricité, pétrole et gaz, santé et finances – le cabinet d’analystes conclut que l’open data pourrait apporter une valeur ajoutée de plus de 3 000 milliards de $ à l’économie du pays. Comment ? Grâce à la création de nouvelles entreprises et donc d’emplois, et aux bénéfices que les entreprises existantes pourraient en retirer (meilleur ciblage, nouveaux produits et services, gains de productivité, etc.). L’open data, toujours selon McKinsey, aurait même le pouvoir d’amplifier l’impact des big data, en les complétant. Au final, de nombreux bénéfices variant de la création de nouvelles opportunités pour les entreprises, à une meilleure gestion des risques et de la conformité, pourraient profiter aux entreprises, et plus encore aux citoyens. A la condition, selon McKinsey, que les entreprises investissent dans les technologies et compétences qui leur permettront d’analyser ces données, et que les individus restent vigilants quant à l’utilisation de leurs données personnelles, même anonymisées.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :
un décryptage complet de l’étude de McKinsey par informatiquenews.fr
et une interview d’Henri Verdier d’Etalab dans Libération

 

A lire sur Business-Analytics-Info :
« Open Data : vecteur d’innovation et de développement économique »
et « Plan de soutien gouvernemental à la filière française des big data ».