Analytique 3.0 : vers une économie de l’information

Dans l’histoire de l’analytique, on peut déjà identifier trois âges, chacun avec ses opportunités et ses défis. Cet article de Tom Davenport, publié par la Harvard Business Review, met en perspective une nouvelle phase que l’on pourrait qualifier d’analytique « 3.0 ». Loin d’être limitée à de simples évolutions technologiques, elle signe au contraire l’entrée dans une nouvelle économie, celle où la maîtrise de l’information est à la base de l’innovation, et donc de la croissance.

Le premier âge de l’analytique a débuté dans les années 1950 et a duré jusqu’au milieu des années 2000. Il s’agissait pour l’essentiel d’outils d’aide à la décision, capables de collecter et d’analyser bien plus de données que l’esprit humain à lui seul ne pourrait jamais embrasser. Les données prises en compte permettaient, grâce aux solutions de business intelligence, de produire essentiellement du reporting, et alimentaient parfois des applications d’analyse prédictive.

 

La deuxième étape s’est ouverte avec les big data : partant de la Silicon Valley et gagnant de plus en plus de secteurs au-delà de l’écosystème du web, cette phase est caractérisée par la prise en compte de volumes considérables de données structurées et non structurées, y compris celles produites à l’extérieur du système informatique de l’entreprise, par exemple sur les réseaux sociaux ou via les objets connectés. C’est l’ère de l’analyse en temps réel, de l’apprentissage automatique et de la visualisation des données qui appelle de nouvelles compétences incarnées par les data scientists.

 

La troisième ère, qui est en train de s’ouvrir, pourrait être qualifiée d’analytique « 3.0 », en référence à une nouvelle version technologique marquante. La puissance de l’analytique est désormais intégrée directement au niveau des produits et des services de l’entreprise favorisant une vague d’innovations considérables. Si les géants de l’internet l’ont initiée, de grandes entreprises de divers secteurs l’ont déjà intégrée dans leur stratégie, à l’instar du Groupe Bosch, de Schneider Electric, de General Electric, d’UPS ou encore de Procter & Gamble. L’apport de l’analytique n’est plus seulement d’ordre descriptif ou prédictif : il devient prescriptif et est le signe d’un nouveau modèle de croissance. La maîtrise de l’information sera à la base de la création de nouveaux produits et services, sur lesquels se construiront les avantages concurrentiels futurs.

 

 

Lire l’article (en anglais et sur inscription)

 

En complément et en anglais,
les évolutions de l’analytique selon Gartner pour la période 2014-2017
et les stratégies big data des entreprises en 2014 selon une étude IDG (résumé et diaporama en accès libre)

 

A lire sur Business-Analytics-Info.fr :
« Big data : de l’ère des défricheurs à l’adoption généralisée »

et « Dix exemples de domaines qui profitent déjà des big data ».