Quand les big Data font leur cinéma

A l’heure où s’ouvre la 66ème édition du Festival de Cannes, la mise en ligne de trois court-métrages vidéos réalisés par SAS (abordant sous un angle humoristique l’utilisation des Big Data en entreprise), nous donne l’occasion d’enquêter sur la présence des techniques analytiques dans la production cinématographique mondiale. A vos pop-corns !

Sorti en France en 2011, « Moneyball »  (en français : « Le stratège ») est souvent considéré comme le film qui illustre le mieux les bénéfices d’une approche analytique. Brad Pitt y campe le rôle du manager nouvellement nommé d’une équipe de baseball, dont l’avenir est incertain du fait du départ de ses meilleurs joueurs vers des équipes plus renommées. Le manager et son assistant vont développer une stratégie analytique permettant de soigner leur recrutement et de tirer le meilleur parti des forces de chaque joueur.

« Minority Report » (2002) : en 2054 aux Etats-Unis, trois êtres humains mutants – les « précogs » – prédisent l’heure exacte de crimes commis dans la ville de Washington, tout en livrant les noms de l’assassin et de la victime. Les informations sur le lieu des méfaits doivent être extraites via des croisements de données. Tom Cruise, titulaire du rôle principal, a lu la nouvelle de Philip K. Dick (publiée pour la première fois en janvier 1956) et a proposé à Steven Spielberg de produire et réaliser le film. Au départ, « Minority Report » devait être la suite de « Total Recall » (les précogs auraient été des personnes ayant muté sous l’atmosphère de Mars), mais finalement ce projet a été abandonné.

« Total Recall » (1990) : autre adaptation d’une nouvelle de Philip K. Dick (« Souvenirs à vendre »), le film se déroule en 2084. Hanté par un rêve récurrent se déroulant sur la planète Mars, Doug Quaid (A. Schwarzenegger) tente de s’en libérer en consommant un hallucinogène. Celui-ci lui fera comprendre, un peu comme dans Matrix, que sa vie actuelle n’est qu’un rêve, et qu’il a été « reconditionné » mentalement par une espionne (Sharon Stone), devenue sa femme. Commence alors une quête de vérité qui l’emmènera sur Mars, où il croisera un « data scientist » mutant, capable d’interpréter les données contenues dans son cerveau.

« Total Recall, Mémoires Programmées » (2012)  – remake du film précédent, avec Colin Farrell, sorti en 2012. Une série télévisée « Total Recall 2070 »  sera également réalisée sur la base de l’œuvre de Philip K. Dick en 1999.

« Le Hobbit » (2013). Si « Le Hobbit » n’aborde pas frontalement le thème de l’analytique, c’est la technique de prise de vue qui nous intéresse dans cet article. En effet, avec les nouvelles générations de techniques haute définition (high frame rate–HFR 3-D et 4K TV) et d’effets spéciaux, chaque film génère aujourd’hui des océans de données (entre 2 à 3 fois plus que les techniques de prise de vue traditionnelles, et bientôt plus de 8 fois plus). Déjà « Avatar » était connu pour avoir généré plus d’un petabyte de données ; « Le Hobbit », filmé en HFR et en 3-D, c’est-à-dire en 48 images/seconde (soit 4 fois plus de pixels exploités), devrait en générer encore plus, d’autant qu’il est prévu de livrer le film en trois volets.

« Ennemi d’état » (1998) : une nouvelle loi sur les télécoms votée aux Etats-Unis est sensée donner plus de pouvoir aux autorités du pays pour améliorer sa sécurité. Il peut ainsi multiplier les caméras de surveillance et les écoutes téléphoniques. Will Smith, un avocat, aidé d’un agent de la NSA transformé en hacker, tente de déjouer cette conspiration contre la vie privée.

« WarGames » (1983) : dans le contexte historique de la guerre froide, un adolescent un peu geek pénètre sans le savoir le système d’information militaire des Etats-Unis, au risque de déclencher une nouvelle guerre mondiale. Un élément notable ressort de ce film qui a déjà trente ans : le système informatique militaire repose sur une notion d’apprentissage et d’optimisation (grâce à l’optimisation mathématique, le système améliore son comportement sur la base de son expérience passée ; le film étant basé sur la répétition de certaines scènes et scénarii).

« Krach » (2009) : excellent film français réunissant Gilles Lellouche, Vahina Giocante et Charles Berling, Krach nous emmène dans le monde du trading haute fréquence. En lisant un article dans une revue scientifique, le héros comprend l’importance des corrélations potentielles entre climatologie et marchés boursiers. Il contacte la journaliste qui a rédigé l’article en question, afin de l’aider à modéliser un nouvel algorithme boursier et à créer un « Hedge Fund ».

« Avatar » (2009) : en 2154, la planète Pandora est attaquée par des terriens souhaitant s’approprier l’exploitation de mines d’Unobtainium. Un programme – « Avatar » – permettant de contrôler le corps de Na’vi (les habitants de Pandora) est développé par les humains pour négocier avec la population locale. Plus gros budget cinématographique de l’histoire du cinéma mondial et plus gros succès commercial (devant Titanic !), ce film n’aborde pas frontalement l’analyse de données, mais comme l’a expliqué James Cameron, son réalisateur : « L’avatar est une incarnation d’un des dieux indiens prenant une forme charnelle. Dans ce film, cela signifie que la technologie de l’homme à l’avenir sera capable d’insuffler l’intelligence d’un humain dans un corps situé à distance, un corps biologique ».

On pourra également citer « π » (1998), sur le décryptage des algorithmes boursiers ; « A. I. Intelligence Artificielle » , hommage de S. Spielberg à Stanley Kubrick, sur l’invasion des objets intelligents dans la vie quotidienne ; « Firewall » (2006), avec Harrison Ford, sur la sécurité informatique et « Eternal Sunshine of the Spotless mind » (2004) sur l’effacement des souvenirs contenus dans le cerveau humain.

Enfin, deux séries retiennent notre attention : d’une part « Person of Interest »  (2011) présente un système analytique capable de prédire les crimes et attaques terroristes en combinant des Big Data (caméras de surveillance, appels téléphoniques, etc.). D’autre part, si « House of Cards » est une excellente série politique avec Kevin Spacey, elle n’est pas centrée sur l’analytique. En revanche, son mode diffusion a tiré parti de l’exploitation de Big Data : tous les épisodes ont été mis en ligne le même jour sur Netflix, suite aux conclusions tirées de l’analyse des données comportementales de ses abonnés (ces derniers consommant le plus souvent leurs séries de cette manière).

 

Voir les trois vidéos de SAS : Vidéo 1, vidéo 2 et vidéo 3

En complément : un article sur la présence des Big Data dans la production cinématographique et une explication (en anglais) du phénomène Big Data reposant sur des analogie avec des titres de films connus

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