Les Big Data planche de salut de l’édition numérique ?

L’édition numérique est confrontée à un paradoxe : les internautes consultent de plus en plus de publications en ligne, mais les éditeurs ne sont pas encore parvenus à définir de modèle économique générant un niveau de rentabilité suffisant, ce qui met en danger leur existence. Bien que l’analyse des Big Data n’en soit qu’à ses prémices dans ce secteur, elle laisse entrevoir des opportunités spectaculaires de mutation du business model des éditeurs. A la manière des Google ou Facebook qui exploitent les données comportementales des utilisateurs, l’édition numérique dispose, à portée de main, d’une masse d’informations encore sous-exploitée. L’avenir de ce secteur, comme d’autres, passe par les Big Data.

Le secteur de l’édition numérique traverse une période compliquée du fait du caractère volage de lecteurs pourtant de plus en plus nombreux et d’un renforcement de la concurrence au niveau mondial. Le revenu moyen par utilisateur (ARPU) reste faible et les éditeurs sont aujourd’hui à la croisée des chemins. Faute de réinventer leur business model, de nombreuses entreprises risquent purement et simplement de disparaître.

D’autres secteurs ont récemment traversé le même type de turbulences. Frédéric Filloux, Directeur des opérations numériques du quotidien « Les Echos », explique sur le blog de Monday Note que les grandes chaînes de commerce de détail ont depuis longtemps mis en œuvre des outils de datamining performants, capables de corréler contextes et habitudes de consommation. Leur business model a évolué, avec notamment le passage d’une communication de masse à des contacts personnalisés.

Or, si les bases de données conventionnelles sont, en l’état, difficilement adaptables  à la personnalisation des contenus numériques, les techniques d’analyse comportementale permettront dans un premier temps aux éditeurs  d’affiner la connaissance de leur lectorat. Ils peuvent s’inspirer des pratiques actuelles des réseaux sociaux ou des moteurs de recherche pour compiler et analyser des données comportementales dans le but d’en anticiper les attentes. Dans un deuxième temps, la personnalisation de leurs contenus sur la base de cette nouvelle connaissance améliorera la fidélisation des lecteurs, qui elle-même contribuera à sécuriser leurs revenus, notamment grâce à un ciblage publicitaire plus précis.

Cependant, plus qu’une personnalisation à outrance, le défi consiste pour les éditeurs à trouver, grâce à des outils adéquats, un juste niveau applicable par exemple à plusieurs groupes de lecteurs et non plus à un seul. La démocratisation en cours des techniques analytiques avancées leur offre justement les outils que seules les très grandes entreprises pouvaient s’offrir dans un passé relativement proche.

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En complément : un dossier en 10 parties sur la transformation du business model des éditeurs et un article sur la monétisation des contenus numériques.

A lire sur Business-Analytics-Info.fr : « Accroître la fidélité des clients grâce à l’analyse » et « Marketing du livre : les marques et le plumeau ».