Carence de profils analytiques : les entreprises commencent à réagir

L’adoption progressive des technologies analytiques devrait avoir dans un futur proche un fort effet de levier sur le marché de l’emploi. En première ligne : les managers décisionnels et les fameux « data scientists ». Mais si cette adoption se révèle trop lente en France, ne courre-t-on pas le risque de voir les meilleurs professionnels céder aux chants de sirènes étrangères ? Au-delà de l’urgence de répondre à une demande constamment en hausse de profils analytiques, serait-il encore plus urgent de sensibiliser les dirigeants d’entreprise aux apports éprouvés de l’analytique ?

On savait les analystes très recherchés dans le monde : au moins 200 000 postes à pourvoir côté professionnels de l’analytique et plus d’1,5 millions de profils « annexes » selon McKinsey. En France, entre 20 et 30 000 postes seraient concernés, le secteur de la finance faisant office de locomotive depuis quelques années déjà (capitalisant sur le savoir-faire des traders qui, comme les spécialistes de l’analytique, doivent combiner une certaine expertise de la modélisation mathématique avec de bonnes connaissances économiques et sectorielles).

Si la montée en puissance des profils analytiques a bien été ressentie chez les éditeurs et les sociétés de services, il semble que les entreprises – hors secteur financier – soient plus lentes à réagir. Bien que Markess International rapporte qu’elles se déclarent « interpellées » par les nouveaux usages potentiels dérivés des Big Data, dans la réalité, peu de projets concrets ont vu le jour. Certains dirigeants eux-mêmes admettant leur retard. La France courrait ainsi le risque, à défaut de sensibilisation des entreprises elles-mêmes, de voir ses meilleurs spécialistes « aller chercher fortune ailleurs », ce qui aggraverait d’autant plus la carence déjà problématique de profils analytiques opérationnels.

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En complément : le point de vue (en anglais) d’Ovum  qui se demande si les Big Data nécessiteront la création de nouveaux emplois ou le recyclage d’anciennes compétences et celui (en anglais) d’un professionnel du secteur pointant le manque d’implication des dirigeants d’entreprise qui pourrait aboutir à une hausse considérable de la fraude. Enfin, des éléments chiffrés de salaires livrés par le Journal du Net.

A lire sur Business-Analytics-Info.fr : « Les sites de commerce en ligne entrent à leur tour dans la guerre du recrutement » et « Les compétences nécessaires des Data Scientists ».