L’intelligence artificielle pour des médias « augmentés »

L’IA a déjà de nombreuses applications pour la presse écrite et audiovisuelle : automatisation des échanges commerciaux et des relations avec les clients, monitoring et écoute des réseaux sociaux, vérification de l’information ou « fact checking », analyses prédictives, création de vidéos, post production, assistants vocaux, production de textes, personnalisation et recommandation de contenus, optimisation des diffusions audiovisuelles, analyse des émotions et accessibilité des contenus.

Mais l’adoption des technologies d’analyse de données et d’automatisation semble prendre du retard dans les médias. Seuls 7% des dirigeants du monde de la presse prévoient de déployer des solutions d’Intelligence artificielle, contre 20% pour l’ensemble des dirigeants quel que soit le secteur (prévisions PWC).

L’information augmentée grâce à l’IA

Les journalistes craignent eux aussi les conséquences de l’automatisation de leur métier et d’être remplacés par des « robots journalistes ». Mais selon le Gartner, l’IA éliminerait 1.8 million d’emplois d’ici 2020 tout en créant 2.3 millions de nouveaux emplois. Les robots journalistes sont en fait déjà une réalité mais leur usage reste confiné à des tâches très spécifiques comme les annonces financières très standardisées (utilisé par l’agence Associated Press depuis 2015), la couverture des résultats d’élections (utilisé par Le Monde depuis 2015 avec le robot journaliste Syllabs), ou encore les évènements sportifs (la solution Heliograf a été développée en 2016 par le Washington Post pour la couverture des jeux olympiques et est aujourd’hui utilisée pour couvrir de petits évènements sportifs sans déplacer un journaliste).

L’analyse de données et la chasse aux fake news

Les révélations de Wikileaks n’auraient pas été possible sans la capacité à scanner et analyser d’énormes quantités de données. L’IA rend aussi possible une surveillance continue des tendances sur les réseaux sociaux et la détection de signaux faibles. Associated Press utilise ainsi NewsWhip pour détecter les tendances sur Twitter, Facebook, Pinterest et LinkedIn. L’agence Reuters utilise News Tracer pour sa veille sur Twitter.

D’autres outils d’IA sont précieux pour détecter les fake news. Les solutions d’authentification d’image Truepic et Serelay, exploitant l’IA et la blockchain, sont utilisées par l’équipe de fact checking du Wall Street Journal. Adobe permet de détecter les images modifiées, et la solution DeepNews.ai vise les plateformes d’agrégation de contenu.

De meilleurs échanges avec le public grâce à l’IA

Au-delà de l’information augmentée et vérifiée, l’intelligence artificielle peut aussi avoir un impact positif pour le public des médias. Analyser les conversations sur internet permet en effet de filtrer et dénoncer les contenus haineux pour laisser la place aux échanges de qualité. Le développement des assistants vocaux et des chatbots rend lui possible une découverte plus facile des contenus produits par les médias.

Parmi les médias qui utilisent des bots : Quartz et son Bot Studio qui propose des histoires personnalisées, la BBC et son robot intégré aux articles pour gérer les commentaires, The Guardian. Autre automatisation : CNN et The Wall Street Journal utilisent également Facebook Messenger pour diffuser les informations et NBC pousse ses flash actus via Slack app.

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