Les oncologues veulent croire en l’IA

Une récente étude menée auprès d’oncologues établit que malgré une familiarité limitée avec l’IA, ceux-ci restent confiants quant aux bénéfices et aux applications de ces technologies dans le traitement des cancers.

L’intelligence artificielle sera-t-elle la technologie qui apportera enfin les améliorations longtemps attendues sur la qualité et le coût des soins en oncologie ? Et comment le personnel médical envisage-t-il ces progrès technologiques après déjà bien des promesses déçues ? C’est pour tenter de répondre à ces questions que Bruce Feinberg, oncologue membre de Cardinal Health Specialty Solutions, a récemment mené un sondage auprès de 180 confrères sur les opportunités liées à l’IA perçues dans cette spécialité.

Un contexte exigeant qui renforce les attentes

Malgré une familiarité limitée avec ces technologies (seuls 5% de répondants se déclarent très familiers avec la pratique de l’IA dans les soins de santé), un certain optimisme se reflète dans les réponses. 36% de répondants sont convaincus de l’impact important que l’IA et le machine learning auront dans le traitement du cancer dans les prochaines années. 53% estiment que ces outils développés autour de ces technologies amélioreront la qualité des soins pratiqués d’ici trois ans. 58% pensent que ces technologies généreront des gains d’efficacité et 57% présument de potentiels progrès cliniques. Un optimisme plus nuancé sur la capacité de l’intelligence artificielle à réduire les coûts des traitements, seuls 47% estimant le scénario probable. Une question qui divise pourtant les aînés et les plus jeune, le taux s’élevant à 58% chez les moins de 40 ans contre 44% chez les plus de 60 ans, sans doute désabusés par les effets d’annonces successifs…

Dans un contexte où les médecins en exercice passent près de la moitié de leur temps sur des dossiers électroniques, l’automatisation des tâches administratives apparaît pour les professionnels interrogés comme le premier bénéfice lié à l’IA. Par ailleurs, si les oncologues se montraient jusqu’alors réticents au fait de remettre les décisions de traitement des patients à des outils cliniques, ils semblent aujourd’hui moins catégoriques. Au vu des 63 nouveaux médicaments anti-cancéreux mis sur le marché au cours des cinq dernières années et des centaines d’autres à venir, les choix de traitements sont devenus très complexes et les outils de support bienvenus. En témoigne les 26% de répondants qui estiment que l’IA jouera son plus grand rôle dans le traitement des cancers en aidant les médecins à déterminer les meilleurs traitements. Concernant ces outils, des garanties restent attendues ; 27% des répondants déclarent en effet que le manque de preuves cliniques demeure l’une de leurs principales réserves concernant l’adoption de l’IA.

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En complément : la prévision du cancer du sein par une IA.