L’automatisation : opportunité ou menace pour le travail des femmes ?

Depuis près de trente ans, le taux de femmes sur le marché mondial du travail plafonne à 39%. L’essor de l’automatisation et de l’IA va-t-il réduire l’écart entre les sexes ou au contraire le creuser ? Une récente étude McKinsey lève le voile.

Le développement de l’automatisation et des technologies d’intelligence artificielle devrait entraîner des suppressions d’emploi en proportion à peu près équivalentes chez les hommes et les femmes dans les dix prochaines années. C’est en tous cas ce que prévoit une récente étude menée par l’institut McKinsey, selon laquelle 52% des suppressions d’emploi chez les femmes concerneront les services et le secrétariat alors que chez les hommes, 40% affecteront la manutention et l’artisanat. Parallèlement, de nouveaux emplois devraient voir le jour et on estime que par rapport à aujourd’hui, 20% de femmes en plus devraient travailler à l’horizon 2030. Le secteur de la santé pourrait à lui seul couvrir un quart des nouveaux emplois féminins alors qu’un quart des nouveaux emplois masculins pourraient émerger dans la manutention, en raison du retard relatif de certaines économies émergentes.

Des stéréotypes solidement ancrés

Si face au développement technologique, hommes et femmes sont confrontés aux mêmes défis d’adaptation et de montée en compétences pour conserver leur poste ou trouver un nouvel emploi, l’inégalité des genres reste profondément ancrée sur le marché du travail. En témoigne par exemple aux États-Unis, la surreprésentation masculine (plus de 60% d’hommes) dans les nouveaux métiers qui ont vu le jour avec la transformation digitale (autour des réseaux sociaux et des big data).

Bien qu’en Europe occidentale, les femmes soient plus nombreuses que les hommes à détenir un diplôme d’enseignement supérieur, elles sont en revanche plus rares à s’engager dans des domaines où la demande est forte. Au Royaume-Uni par exemple, 37% des étudiantes de première année suivent un cursus scientifique contre 48% des étudiants. Autre exemple, sur les dix pays étudiés, les femmes ne représentent que 35% des étudiants dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques.

De plus, traditionnellement plus investies dans la vie de famille, ces dernières s’avèrent en moyenne moins disponibles et moins mobiles, ce qui limite à la fois les opportunités de formation et le périmètre géographique de recherche d’emploi. Et si les technologies offrent en théorie davantage de flexibilité en la matière, dans les faits, seuls 23% des entreprises proposent à leurs collaborateurs la possibilité de travailler à distance.

 

Moins de femmes dans l’IT

Enfin, les femmes restent à la traîne dans l’appropriation des nouvelles technologies. D’après l’OCDE, seules 1,4% des femmes actives exercent un emploi dans le développement, la maintenance ou la gestion des systèmes d’information contre 5,5% des hommes actifs. Plus frappant encore, sur l’année 2018, 85% des investissements en capital-risque aux États-Unis sont allés à des équipes exclusivement masculines, contre seulement 2% à des équipes 100% féminines et 13% à des équipes mixtes. Des chiffres qui rappellent le travail restant à accomplir par les gouvernements et les entreprises pour gommer ces inégalités.

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