Organisation du travail : comment utiliser l’IA à bon escient

L’intelligence artificielle et les algorithmes offrent des opportunités pour améliorer l’organisation du travail. Mais les risques d’un usage se faisant au détriment de l’humain doivent être pris en considération par les managers. Petit guide des bonnes pratiques RH.

Il y a un peu plus d’un siècle, Frederick W. Taylor théorisait une « organisation scientifique du travail ». Collecte de données, optimisation, analyse des processus, normalisation des meilleures pratiques, passage à l’échelle, transfert des connaissances, etc. : bien des idées émises au début du xxe siècle figurent aujourd’hui parmi les moteurs de la transformation numérique. Poussé à l’extrême, le taylorisme, qui visait notamment à coordonner le travail des humains et des machines afin d’en maximiser l’efficacité, a néanmoins entraîné des pratiques de gestion conduisant à l’aliénation et au désengagement des travailleurs. C’est pourquoi les outils d’intelligence artificielle (IA) et d’automatisation plébiscités aujourd’hui par les managers pour ordonnancer le travail doivent être maniés avec précaution.

 

Optimiser l’efficacité du travail collectif en combinant les talents grâce à l’IA

 

Les algorithmes d’IA permettent en effet d’automatiser des pans entiers de la gestion des ressources humaines à une échelle jusqu’à présent inégalée. En même temps, ces nouvelles technologies, particulièrement lorsqu’elles sont associées à des objets connectés, pourraient accroître l’emprise des managers sur leurs subordonnés, par exemple en épiant chacun de leur geste. C’est pourquoi les organisations qui veulent utiliser le management algorithmique doivent trouver le meilleur compromis entre, d’une part, réduire le rôle des humains en orientant leur travail au moyen d’une IA et, d’autre part, recourir à une IA pour coordonner des équipes décentralisées et autonomes.

L’automatisation des tâches répétitives et transactionnelles doit en principe permettre aux collaborateurs de réaliser un travail plus intéressant. Les algorithmes d’IA peuvent aussi contribuer à optimiser l’efficacité du travail collectif en combinant les talents plutôt qu’en additionnant les contributions individuelles. C’est l’option choisie par la banque néerlandaise ING Direct, qui a réorganisé ses services traditionnels (marketing, gestion de produits, développement informatique, etc.) en équipes agiles unies par un objectif commun. Publicis, pour sa part, utilise une plateforme qui lui recommande la meilleure combinaison possible parmi ses 80 000 salariés pour mener à bien un nouveau projet. Pour être employé efficacement, ce type d’outil requiert de l’empathie : il s’agit donc, pour un manager qui doit prendre une décision guidée par un algorithme d’intelligence artificielle, de se mettre à la place des personnes directement concernées par cette décision.

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En complément un article au sujet des priorités pour la transformation du pôle RH de l’entreprise,

et une tribune (en anglais) à propos de la gouvernance des algorithmes et de l’intelligence artificielle.