Et si l’on arrêtait de parler d’intelligence artificielle, pour parler seulement d’intelligence?

L’intelligence artificielle est au cœur de la transformation des modes de production, de consommation, mais aussi de nos modes d’éducation, de soins, de travail et tout simplement de vie. Mais se focaliser sur la prouesse technologique sans revenir à la véritable valeur ajoutée de ces technologies pour l’homme serait un terrible gâchis. Ainsi comme le rappelle le Financial Times dans un récent éditorial : « Oubliez l’intelligence artificielle. Et si nous parlions (seulement) d’intelligence ? Comment s’inquiéter de la menace que pourrait représenter l’Intelligence Artificielle quand en fait les ordinateurs ne montrent aucun signe d’intelligence. »

 

L’impact de l’intelligence artificielle dans les modes de travail

 

La vraie question à se poser vis à vis du développement de l’intelligence artificielle serait donc “est-ce qu’elle rendrait une journée de travail au bureau meilleure, pire ou caduque?”

A l’échelle d’un journal comme le Financial Times, l’intelligence artificielle a notamment remplacé une tâche subalterne autrefois dévolue à un être humain : retranscrire à l’écrit un message téléphonique. La messagerie unifiée associée au « speech to text » fait ainsi gagner un temps précieux à la rédaction, mais provoque aussi fréquemment l’hilarité lorsque le sens de certains messages échappe totalement aux algorithmes, pour basculer dans l’étrange et presque la poésie.

La rédaction du FT reste donc sceptique quant à la capacité d’une intelligence artificielle de remplacer rapidement les humains dans les activités nécessitant une véritable compréhension des enjeux et du contexte. Mais elle se réjouit également que les technologies de compréhension du langage naturel s’améliorent rapidement car un temps précieux dans le quotidien d’un journaliste est encore consacré à l’enregistrement et la retranscription d’interviews audio ou vidéo.

 

Arrêter de traiter les humains comme des robots

 

Le Financial Time nous rappelle à travers cet exemple le véritable équilibre à trouver dans le rapport entre les humains et l’automatisation. Il est en fait préférable d’essayer de faire agir un ordinateur comme un humain, que l’inverse. Car traiter ses employés comme des robots – en instaurant un rythme d’urgence permanent, avec des procédures de contrôle excessives, des tâches démoralisantes, ou encore en ne les faisant pas évoluer par des formations adaptées, a des conséquences désastreuses. La dégradation de la qualité de vie au travail peut provoquer des fautes graves, par exemple en cas d’amplitude horaire de travail trop étendue dans le secteur médical, mener à la démotivation des équipes, au stress et au burn-out.

L’intelligence des humains est donc encore précieuse et l’intelligence artificielle devrait contribuer à revaloriser leur travail.

 

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