L’informatique quantique, priorité stratégique des constructeurs automobiles

Technologie de rupture, l’informatique quantique pourrait avoir un impact majeur sur le secteur automobile. Elle a notamment le potentiel d’améliorer de façon spectaculaire l’efficacité des algorithmes d’intelligence artificielle, à la base des smart cities. À tel point que nombre de constructeurs l’ont classé au rang de priorité stratégique.

Réguler le trafic, optimiser la conception des composants, améliorer le rendement des batteries… Les applications automobiles dans lesquelles l’informatique quantique pourrait jouer un rôle crucial se multiplient. Volkswagen, associé à la société canadienne D-Wave, a ainsi récemment présenté une solution visant à prédire en temps réel le meilleur itinéraire sur la base de calculs réalisés par un ordinateur quantique. Une démonstration concrète de la capacité de cette technologie à résoudre, d’ores et déjà, des cas d’utilisation bien réels.

 

Plusieurs fabricants automobiles ont lancé des programmes ambitieux d’informatique quantique

 

La demande pour des logiciels de cette nature pourrait représenter un marché d’un milliard de dollars dans les 10 ans. Par rapport aux ordinateurs traditionnels (binaires), qui exécutent des calculs arithmétiques « exacts », les machines quantiques permettent de modéliser des systèmes complexes en évaluant avec 99,9 % de précision la probabilité de certains phénomènes. Pour cela, elles opèrent en parallèle à une vitesse vertigineuse, tout en minimisant la consommation d’énergie. Cet avantage s’avère décisif dans une industrie où l’innovation est de plus en plus portée par le software, en particulier les algorithmes d’intelligence artificielle, gourmands en ressource.

Outre Volkswagen, plusieurs acteurs du domaine automobile ont lancé des programmes ambitieux d’informatique quantique. Ford cherche par exemple à réduire les émissions de polluants en optimisant l’acheminement des véhicules de livraison de diesel. Le constructeur américain vise également l’amélioration de la productivité dans ses usines. Daimler, pour sa part, souhaite explorer à l’aide d’ordinateurs quantiques de nouveaux matériaux actifs pour ses composants de batterie. Au-delà du retour sur investissement pour les fabricants, les retombées de ces projets pourraient s’avérer positives dans la perspective des smart cities en réduisant la pollution de l’air, en diminuant le nombre d’accidents et en améliorant la productivité urbaine.

 

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En complément :

un article à propos des ambitions de Renault en matière de mobilité durable

et un autre (en anglais) au sujet de la gestion « intelligente » du trafic urbain