Le CHUM de Montréal, première école d’intelligence artificielle en santé dans un hôpital

L’Intelligence Artificielle contribue déjà à transformer le système de santé, en remettant le patient au cœur du dispositif. Mieux collecter et traiter les données de santé peut directement améliorer la qualité et l’accès aux soins, la détection précoce des pathologies, la médecine des 4P (personnalisée, préventive, prédictive, participative) comme souligné dans le rapport Villani sur l’IA qui positionne le secteur de la santé comme prioritaire. Mais le manque de ressources qualifiées en IT de santé peut être un frein au développement de l’IA dans le secteur médical. Et si le secteur de la santé formait ses propres spécialistes ?

C’est la démarche adoptée par le CHUM, Centre hospitalier de l’université de Montréal, et l’Université de Montréal qui ont annoncé en novembre 2018 la création de la première école de l’intelligence artificielle (IA) appliquée au domaine de la santé issue d’un milieu francophone, l’École de l’intelligence artificielle en santé du CHUM (ÉIAS). L’ÉIAS a pour objectif d’accompagner et de soutenir les acteurs des systèmes de santé dans l’appropriation, l’implantation et la valorisation de l’IA, au bénéfice des équipes, des patients et de la population. L’ÉIAS traitera notamment des thèmes de l’acceptabilité (sociale, légale, éthique, etc.), de la transformation des métiers, des professions, des pratiques et des équipes, ainsi que de la transformation de l’organisation et du système de santé. Plus de 1000 étudiants suivent déjà les cursus du CHUM, qui affiche également 20 000 consultations de ses formations en ligne.

 

Une collaboration entre hôpitaux et université

 

Au-delà des technologies, c’est aussi leur adoption et le partage de pratiques entre les professionnels qui sont cruciaux pour le succès des futurs projets d’IA en santé.  Le CHUM et l’université de Montréal collaborent donc avec 100 centres hospitaliers universitaires et adaptent le cursus de l’ÉIAS pour tous les niveaux de maîtrise de l’IA « De la sensibilisation par le biais de lunch and learn ou de capsules numériques, au perfectionnement avancé par le biais d’un programme diplômant, en passant par l’habilitation (ateliers pratiques, simulation) et l’expérimentation sur le terrain », explique Nathalie Beaulieu, directrice de l’enseignement et de l’Académie CHUM. « Agile et proactive, la formation se démarque par son caractère évolutif et contextualisé. Elle place l’humain au centre de la transformation pour augmenter sa capacité de soigner. »

Dr Vincent Oliva, chef du département de radiologie et de médecine nucléaire du CHUM : « L’IA a déjà commencé à révolutionner la médecine. Elle est aujourd’hui utilisée non seulement pour évaluer le volume cérébral pour la détection de la maladie d’Alzheimer, mais aussi pour évaluer la fonction cardiaque, détecter des nodules pulmonaires et prédire des cancers. Elle va redéfinir et bonifier le rôle de l’imagerie médicale ».

L’IA impacte tous les aspects de la santé, y compris l’alimentation

 

A partir de 2020, l’intelligence artificielle concoctera aussi les repas à l’hôpital de Montréal, ce qui permettra de respecter avec plus de précision les restrictions alimentaires parfois complexes des patients. En préparation de l’implantation du système, les recettes des repas sont en train d’être standardisées au CHUM, décortiquées avec précision pour refléter les calories, ingrédients, taux de lipides, glucides. Les algorithmes permettront de générer tous les repas des personnes hospitalisées ayant besoin d’un régime adapté. L’équipe de diététiciens de l’hôpital aura ainsi plus de temps à consacrer à l’écoute des patients et au dépistage de pathologies comme la malnutrition, fréquente notamment chez les patients âgés. Maximiser des aliments qu’ils aiment et qui correspondent à leurs besoins nutritionnels est un atout précieux pour la qualité de vie et le rétablissement des patients.

 

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En complément, un article dédié au projet d’intelligence artificielle pour les repas du CHUM.