Quel modèle pour la ville intelligente ?

De nombreuses municipalités à travers le monde ont lancé des programmes basés sur l’usage des nouvelles technologies afin de renforcer l’efficacité de la planification urbaine. Ainsi la mobilité fait-elle partie des priorités pour améliorer la qualité de vie des citadins. Mais existe-t-il pour autant un modèle universel de ville intelligente ?

De la métropole à la petite ville, la demande citoyenne pour une amélioration des services et de la qualité de vie se fait toujours plus pressante. La logique de « ville intelligente » (smart city) s’impose dès lors aux décideurs, qui multiplient les projets et les expérimentations pour répondre à ces nouveaux besoins, pour la plupart liés aux évolutions démographiques. Dit rapidement, ce mouvement, qui concerne tous les continents, vise à employer les nouvelles technologies dans le but de résoudre les problèmes urbains. Cependant,  si l’on entend beaucoup parler du concept de smart city ces temps-ci, sa concrétisation ne fait que commencer. “La smart city en 2008 est au stade de l’IA aujourd’hui” explique ainsi Jaana Remes, économiste et partner du think tank McKinsey Global Institute (MGI), car il y a 10 ans les smart cities étaient censées être “the next big thing” mais n’avaient jusqu’à récemment pas générés suffisamment d’expériences pour une analyse significative. Les dernières avancées technologiques en matière de connectivité accélèrent désormais le mouvement avec des améliorations significatives en termes de qualité de vie (+10% à +30% d’après une étude MGI portant sur 50 villes) et de trafic avec l’accès à des informations en temps réel sur les transports.

La ville intelligente, source de revenus pour les entreprises technologiques

 

L’exemple de la ville de Columbus (Ohio, États-Unis) est intéressant, car il s’agit de cibler à la fois les populations âgées et les jeunes, attirés par les quartiers centraux déjà très denses, tout en améliorant l’accès aux réseaux de transport. Dotée d’une enveloppe de 40 millions de dollars après avoir remporté un concours fédéral, la municipalité souhaite notamment faciliter les premier et dernier kilomètres des résidents en mettant en œuvre des véhicules autonomes, en coordonnant les véhicules de livraison et en créant un système pour localiser les places de parking disponibles. La ville veut aussi améliorer les transports relatifs à la santé pour limiter les risques pour les femmes enceintes et les nouveau-nés.

Outre l’amélioration de la mobilité, l’un des objectifs de Columbus est de servir de modèle à d’autres municipalités désireuses d’intégrer les avancées des technologies d’analyse de données et d’intelligence artificielle dans chaque fonction de la cité. D’ici cinq ans, les initiatives comme celle-ci devraient représenter un marché global de plusieurs milliards de dollars. Ces investissements conséquents, le plus souvent sous la forme de partenariats public-privé, généreront à coup sûr des revenus pour les entreprises du secteur technologique. En revanche, rien n’indique qu’ils profiteront à l’emploi local. Enfin, si certains résultats sont déjà tangibles, comme l’amélioration de la qualité de vie ou les économies d’énergie, la ville intelligente soulève un certain nombre de questions à propos de la protection des données personnelles et de la vie privée.

 

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En complément :

un article (en anglais) au sujet du concept de slow city

et un autre (en anglais) à propos du rôle des données dans la ville intelligente