L’escape game, un défi pour libérer l’innovation

Quel rapport entre faire déguster à des quidams des smoothies préparés à partir de fruits « moches » et faire participer les visiteurs d’un salon à un escape game ? Ce sont deux applications concrètes du marketing expérientiel destinées à redéfinir la portée de l’engagement entre une marque et son public et redéfinir ce qui est possible avec une participation active. L’exemple des smoothies d’ingrédients rejetés par les supermarchés est une opération menée par le magazine The Economist pour provoquer une réflexion auprès du public et l’amener à réévaluer les éléments qui ont de la valeur pour lui. Les escape rooms sont un des projets menés par Janny Morsink, spécialiste de l’organisation de projets créatifs & évènementiels chez SAS, car des escape rooms de data science sont désormais créés pour les évènements SAS mais aussi spécifiquement pour certains clients.

 

Pour comprendre le process de développement de ces expériences, voici une interview avec Janny Morsink et ses collègues Jaimy van Dijk et Dana Hakman, concepteurs d’expériences.

 

Pour commencer, qu’est-ce qui dans un premier temps vous a attiré pour travailler sur des escape rooms ?

 

La plupart du temps, nous aidons les clients à bâtir des concepts de démonstration qui prennent des semaines, et nécessitent un engagement très structuré avec les utilisateurs. L’analytics a besoin de devenir plus agile, nous pensons que le rôle de l’expérience utilisateur est encore plus crucial. Les escape rooms sont l’occasion de travailler avec une boucle de rétroaction – ou collecte des retours utilisateurs – plus rapide tout en pouvant observer toutes les réactions. Nous voulions voir si nous pouvions créer un nouveau moyen pour faire interagir nos clients avec nos logiciels. Non seulement pour les utilisateurs aguerris à la data, mais également pour les personnes qui n’appuient généralement pas sur les boutons d’un logiciel d’analyse. Janny Morsink a eu l’idée initiale de construire une escape room dédiée à la science des données et nous a demandé de rejoindre le projet. Nous ne savions pas où cela allait nous mener, mais au final nous avons travaillé en équipe et avons vraiment apprécié cette aventure jusqu’au produit final.

 

Quel a été votre premier projet d’escape room ?

 

La première salle de jeu d’évasion, sur le thème «Cyberattack», a été présentée lors de la journée SAS Data Science and Analytics aux Pays-Bas en mai dernier et une semaine plus tard au SAS Forum France. Comme pour chaque projet innovant présenté au public, ce fut une journée éprouvante pour les nerfs. Les gens vont-ils réellement venir jouer? Que vont-ils penser? Le projet s’est finalement révélé être le « moment wahou » de la conférence et l’escape room a été entièrement réservée dans l’heure qui suivait.

Vous avez ensuite travaillé sur les escape rooms de l’évènement Analytics Experience organisé par SAS en octobre dernier à Milan. Comment les thèmes ont-ils été sélectionnés ?

 

Le point de départ est toujours le sponsor marketing – dans ce cas, Janny Morsink. Elle nous a donné les objectifs globaux : deux salles d’évasion avec des expériences différentes pour cibler les centres d’intérêts des participants de l’évènement. Le thème « cyberattaque » ayant rencontré un réel succès, nous avons décidé de le reprendre mais en lui donnant encore plus d’ampleur. Choisir le deuxième thème sur la protection de l’environnement était facile car il fait écho à une campagne de sensibilisation mondiale menée par SAS (avec notamment le projet Wildtrack), et tout le monde a une opinion sur la protection de la vie sauvage.

 

Quel est le processus habituel de conception et de développement d’un escape game ?

 

D’abord, nous travaillons sur les défis analytiques et créons un story-board des différentes étapes qui font le scenario du jeu d’évasion. À ce stade, nous devons également décider quelles données peuvent être utilisées. Comme dans la vie réelle, les données peuvent faire ou défaire l’hypothèse. Une fois que nous avons un prototype fonctionnel qui montre la logique du défi à relever, nous réfléchissons à la conception des étapes de réussite de chaque défi et prenons en compte le niveau de challenge que nous voulons intégrer. Ici, nous nous concentrons sur les principes de conception de l’expérience utilisateur. Ensuite nous testons. Beaucoup. Nous avons la chance chez SAS d’avoir des collègues curieux et férus de numérique, volontaires pour faire partie de notre équipe de support des tests.

 

Et lors de l’évènement ?

 

C’est un travail différent. Nous devons généralement nous installer la veille. Lors d’Analytics Experience nous avions des murs très lumineux pour indiquer les salles d’évasion. Les flux de déplacement jusqu’aux zones de résolution de défis sont indiqués par un marquage, et nous nous occupons de l’installation de processeurs, de réseaux et d’écrans. Et bien sûr, à nouveaux des tests. La planification du nombre de participants est importante. Nous devons prévoir le nombre probable d’utilisateurs simultanés et veiller à ce que chaque partie du parcours puisse se dérouler correctement. D’où les files d’attente, car nous devons faire passer les gens à un rythme déterminé.

Comment mesurez-vous le succès ?

 

C’est là que nous voyons vraiment notre process agile en action. Lors de tous les tests, nous demandons aux joueurs d’utiliser la méthode de réflexion à voix haute, bien connue dans le design d’expérience. Cela signifie essentiellement que les joueurs nous disent leur processus de réflexion pour comprendre pourquoi quelque chose fonctionne ou non. Nous faisons toujours les ajustements directement après les tests pour pouvoir mesurer l’impact instantanément. Nous pouvons faire des changements immédiatement, ce qui est un atout précieux. Pendant les événements, nous surveillons les joueurs via notre système de caméras et écoutons attentivement leurs questions et commentaires. Nous pivotons s’il le faut. Il est facile de mesurer le succès après le jeu : nous voyons tant de visages heureux et entendons beaucoup de commentaires positifs quand les joueurs réussissent leur évasion !

 

Et demain ?

 

Dans un proche avenir vous verrez plus d’escape rooms lors d’événements, qu’il s’agisse d’événements SAS ou d’événements tiers. Nous travaillons également avec des clients spécifiques pour concevoir des salles d’évasion sur mesure. Nous sommes convaincus qu’expérimenter les possibilités d’une solution d’analyse est plus efficace que des heures de téléconférences, de réunions et de lectures. L’escape room de Data Science est un excellent moyen de promouvoir et de développer l’innovation dans toute une organisation.

 

 

Le prochain évènement SAS Forum aura lieu le 4 juin 2019, à Paris, au Palais des Congrès. En savoir plus