L’industrie musicale séduite par les sirènes de l’intelligence artificielle

La musique est intimement liée à l’humain et à sa créativité. Mais c’est aussi une industrie et ces dernières années l’intelligence artificielle y joue aussi sa partition. Les algorithmes sont présents à différentes étapes de la production musicale, par exemple pour générer un rythme ou même écrire des mélodies. L’IA s’attaque désormais à une étape clé de ce processus de production, réservée aux experts, le mastering.

 

Le mastering, un domaine d’experts qui reste coûteux

 

Le mastering est l’étape finale du mixage audio qui sert à étalonner le son d’un morceau pour qu’il soit homogène du début à la fin, mais aussi quel que soit le mode de diffusion (sur Spotify, iTunes ou un CD). Un bon ingénieur du son, spécialiste du mastering, fait appel à son expertise technique mais aussi à ses goûts musicaux pour produire un son que l’auditeur pourra « comprendre » et qui correspondra aux standards de l’industrie musicale.

Le mastering est aussi une des étapes les plus coûteuses de la production musicale, pouvant aller jusqu’à plusieurs milliers de dollars pour la production d’un seul morceau. L’automatisation est donc désormais une alternative possible, soit sur la base de solutions utilisant le deep learning pour analyser le flux de données, soit en utilisant un signal musical produit par un professionnel et mis à disposition sous forme logicielle.

 

L’automatisation au service du mastering

 

Un des outils de mastering “as a service” les plus populaires est Landr.  Son algorithme analyse le morceau musical puis propose trois options pour orienter le mastering. Landr s’améliorerait grâce à chaque chanson téléchargée sur la plateforme. De grands labels musicaux jugent sa qualité déjà supérieure à celle des spécialistes du mastering. Certains craignent donc que l’IA élimine le besoin pour un mastering réalisé par des humains, mais d’autres voix s’élèvent pour rappeler qu’il y aura toujours besoin de services sur mesure de qualité.

L’IA peut aussi être employée pour assister les experts du mastering, réduire les étapes de nettoyage du son et leur permettre de passer plus de temps sur des étapes plus créatives. C’est l’approche choisie par l’éditeur iZotope dont la suite logicielle Ozone inclue un « master assistant » intelligent, et laisse les professionnels faire les bons choix sur la base de suggestions. Un ingénieur du son peut aussi partager son ressenti avec l’artiste, orienter son mixage vers un style particulier, ce qu’une solution d’automatisation ne pourra pas faire.

L’on ne sait pas encore si l’IA atteindra un jour la finesse d’un ingénieur du son, mais aujourd’hui elle rend le mastering financièrement accessible à de plus petits labels ou artistes indépendants.

 

Lire l’article