Quand les machines communiqueront comme les humains

Les analystes du renseignement sont confrontés à des montagnes de données dont ils doivent extraire des informations pertinentes. Cette tâche fastidieuse peut bénéficier de l’appui d’outils analytiques et des technologies d’intelligence artificielle. Les avancées en matière de traitement du langage naturel, en particulier, auront un impact majeur.

Les experts du renseignement travaillent quotidiennement avec de grandes quantités de données qu’ils doivent analyser et synthétiser afin de leur donner du sens. Dans ce domaine comme dans d’autres, des logiciels munis d’algorithmes d’intelligence artificielle (IA) sont déjà à l’œuvre pour identifier des tendances et aider les humains à se concentrer sur ce qui est important. Dans le commerce, le distributeur Walmart utilise par exemple de tels systèmes pour optimiser sa logistique. D’une manière générale, l’automatisation de la compréhension du langage naturel (natural language understanding) aura un impact profond sur nombre d’activités professionnelles où la communication est nécessaire.

 

L’aide des machines est indispensable pour traiter de grandes quantités d’informations

 

Dans le cas des analystes du renseignement, l’assistance des machines s’avère indispensable compte tenu de l’accroissement exponentiel de la quantité d’informations à examiner. Parmi les avancées récentes de l’IA, le champ du traitement du langage naturel progresse néanmoins plus lentement que la vision artificielle ou la reconnaissance vocale, où l’apprentissage profond (deep learning) a démontré toute son efficacité. La langue écrite ou parlée est en effet intrinsèquement complexe et ambiguë, car le sens des mots dépend à la fois du contexte et des relations interpersonnelles. En outre, entraîner un réseau de neurones — un modèle d’IA performant pour ce genre de tâche — à réaliser une synthèse à la façon d’un humain requiert des jeux de données pour l’heure quasi inexistants.

Le salut pourrait passer par des techniques prometteuses tel l’apprentissage par transfert (transfer learning), qui consiste à générer des modèles généraux avant de les adapter à des problèmes spécifiques. À mesure que ces innovations se développeront, les machines deviendront capables de traiter le langage naturel bien plus vite et dans des volumes plus conséquents que les humains. En analysant plusieurs dimensions en parallèle, elles pourront notamment détecter des signaux négligés par les opérateurs. Avec de nombreuses informations précalculées par des systèmes de traitement du langage, la nature du travail des experts du renseignement se trouvera fortement modifiée. Toutefois, les humains resteront les seuls à même de juger de ce qui compte vraiment dans le monde des… humains !

 

Lire l’article 

 

En complément :

un article (en anglais) au sujet de l’impact potentiel de l’IA pour les agences de renseignement

et un autre à propos d’apprentissage par transfert