L’instinct fait-il le poids face à l’analytique ?

Alors même que l’analytique se diffuse en entreprise, de grands patrons se vantent souvent de prendre leurs décisions à l’instinct. Le monde des affaires garde en mémoire des échecs retentissants pour nous rappeler que cette attitude reste très risquée. Au début des années 2000, la fusion de America Online (AOL) et Time Warner pour 164 milliards de dollars s’était finalement soldée deux ans plus tard par une perte de 99 milliards et le départ du CEO de Time Warner, Gerald Levin. Le comité de direction n’avait pas été suffisamment consulté dans ce process de fusion. Et aujourd’hui ce sont les collaborateurs et les clients qui sont encore peu sollicités dans le processus de décision de l’entreprise. Pourtant de nouveaux modèles de leadership et d’intelligence collaborative se développent, ainsi que des logiques d’open innovation, car une personne seule aura toujours moins d’idées qu’un groupe !

 

L’analytique au service de la démarche de prise de décision

 

Prendre de bonnes décisions est aujourd’hui l’art de savoir systématiser une approche mêlant la data et l’analytique au service de l’intuition, car celle-ci ne doit pas être ignorée mais supportée par la technologie. Pour alimenter cette puissance analytique et les moteurs d’intelligence artificielle, il faut capturer et distribuer rapidement les connaissances, implicites et explicites, issues des opérations de l’entreprise.

Prendre de bonnes décisions s’appuie désormais sur quatre tendances majeures qui amènent une structuration, une quantification et une reproductibilité au processus de décision, en support à l’intuition :

 

  • La prise de décision est un processus collaboratif de résolution de problèmes. De la discipline et l’analyse de faits concrets sont nécessaires. Les décideurs ont donc intérêt à rechercher une multitude de points de vue, y compris contraires au leur, avant toute décision.
  • L’analytique et la business intelligence sont des atouts qui doivent sortir du silo informatique pour se diffuser dans toute l’entreprise, quel que soit le secteur d’activité.

 

  • La cuture d’entreprise influe sur la prise de décision. Les entreprises reconnues pour leurs process de prise de décision ont intégré dans leur culture l’importance de la résolution de problèmes, et le rôle des leaders comme facilitateurs de la prise de décision plutôt que comme décideurs monarchiques. Leur culture valorise aussi le changement au fil de l’évolution des process et technologies.

 

  • Le rôle du décideur est de montrer l’exemple et d’apporter le contexte pour mener à la bonne décision. Les meilleurs décideurs favorisent un jugement organisationnel et collectif de la situation. Leur responsabilité est également de créer une équipe ayant le bon état d’esprit en lui donnant le bon niveau de responsabilités et de devoirs pour s’exprimer et se faire entendre.

 

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