Une approche éthique de la donnée est aussi bénéfique pour la croissance

L’éthique dans l’utilisation des données n’est plus un sujet oublié dans les conversations entre les Chief Data Officers et les décideurs en entreprise. Les récentes prises de parole de leaders de l’industrie comme Tim Cook d’Apple, condamnant le « complexe data industriel », ont contribué à sensibiliser les responsables. D’après Cook, “Nos propres informations – du quotidien jusqu’aux informations les plus personnelles – sont transformées en armes contre nous, avec une efficacité militaire. Aujourd’hui ce commerce a explosé à l’échelle d’un complexe data-industriel ». Ces déclarations s’inscrivent dans le contexte de la mise en place du RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) qui a contribué à une prise de conscience de la part des entreprises européennes. Les données sont donc bien considérées comme un atout mais à manier avec précaution et respect pour les droits individuels et la vie privée.

Des initiatives de « data-philanthropie » inspirantes

 

Les nombreux vols de données personnelles rendus publics ces derniers mois incitent également à la prudence. Mais il existe aussi des exemples de démarches éthiques qui peuvent inspirer les décideurs, comme l’initiative de Mastercard avec son “Centre pour la croissance inclusive” en faveur de l’inclusion financière des populations du monde entier ; les opérations philanthropiques de Bloomberg et son  « Data for Good Exchange », ou encore le JP Morgan Institute. De plus en plus d’entreprises s’investissent dans l’éthique des données, le respect de la confidentialité et les causes caritatives s’appuyant sur les données. Des partenariats se multiplient également entre de grandes universités et des entreprises pour collaborer autour de projets éthiques, notamment la Washington University à St Louis où Mastercard a organisé une conférence « Data for good ». L’intégrité des algorithmes et leur impact sur les communautés locales est également évalué. L’Université d’Albany, SUNY, a ainsi récemment mené une étude sur l’impact des algorithmes, « Automatisation des inégalités : comment les pauvres sont profilés, soumis à l’autorité policière et punis par les outils high-tech ».

 

L’enjeu de l’égalité d’accès aux données

 

L’étude des conséquences sociales de l’analyse des données fait apparaitre un enjeu central : l’égalité d’accès aux données, car « ceux qui ont le plus besoin des données et d’analyses sont ceux qui sont le moins susceptibles d’y avoir accès » d’après Ms. Stonier, CDO de Mastercard, comme par exemple « les communautés affectées par la fermeture d’une usine ou une catastrophe naturelles pourraient bénéficier de l’analyse de données pour se reconstruire, se restructurer ou comprendre où réinvestir ».  D’après elle « le secteur privé maîtrise l’analyse de données mais peu d’entreprises sont pionnières de la philanthropie de données ». Elle cite un l’exemple marquant de l’organisation Datakind dont la mission est d’utiliser la Data Science pour servir le bien de l’humanité, avec 18 000 volontaires engagés sur 300 projets dans le monde.

 

De nombreuses voix se lèvent donc à présent pour demander plus d’éthique autour des données et une utilisation responsable de ces données, non seulement pour le bien de notre société mais aussi pour favoriser l’innovation et la croissance.

 

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