L’Intelligence Artificielle pour favoriser la coopération homme-machine

La plupart des applications d’intelligence artificielle mise en œuvre aujourd’hui résultent d’interactions humaines. Cette tendance devrait se poursuivre à l’avenir, selon Ken Goldberg, chercheur en robotique à Berkeley. Les systèmes avancés sont voués à assister les personnes dans leur emploi plutôt que les remplacer.

L’accroissement de l’automatisation a déclenché une vague d’anxiété dans l’Occident. Un rapport récent de l’OCDE estime que près de la moitié des emplois de 32 pays développés sont menacés. Cette publication s’ajoute à des inquiétudes exprimées par feu Stephen Hawking ou Elon Musk au sujet des avancées en matière d’intelligence artificielle (IA). Mais toutes ces prévisions apocalyptiques sont-elles fondées ? Des voix divergentes se font entendre dans ce stimulant débat sur le futur du travail. Celle de Ken Goldberg, par exemple, qui réfute l’idée d’un dépassement de l’humain par l’IA. Directeur du département d’ingénierie industrielle et de recherche opérationnelle à l’université de Californie de Berkeley, celui-ci plaide pour une vision hybride, baptisée « multiplicité » (Multiplicity), où nouvelles technologies et humains travaillent en hybridation ou coopération.

 

Nouvelles technologies et humains peuvent travailler en partenariat

 

Les machines sont performantes lorsqu’il s’agit d’être précis, de calculer, ou bien de reconnaître des formes. Mais les robots les plus avancés peinent encore à réussir des tâches simplissimes pour un enfant âgé de trois ans, par exemple saisir des objets. Les applications d’IA fonctionnelles aujourd’hui, comme le moteur de recherche de Google, ont été bâties à partir d’interactions humaines. La diversité, en particulier, est essentielle pour l’amélioration des systèmes d’apprentissage automatique. Combinées à la précision des machines, les qualités humaines d’intuition, d’empathie et de créativité permettent d’obtenir plus de connaissances et de meilleurs résultats, affirme ainsi Ken Goldberg.

Pour le chercheur, la complexité de la conduite d’un camion en zone urbaine est telle que les chauffeurs routiers demeureront indispensables pour de longues années. De même, les machines sont encore incapables de saisir ce qui est intéressant pour un humain dans un événement sportif, laissant ainsi une bonne marge de manœuvre aux journalistes. Les robots seront plutôt destinés à des tâches ingrates — laver les vitres des gratte-ciel — ou fastidieuses — effectuer des sutures —, permettant aux humains de reporter leur attention sur les choses les plus importantes. Au sein de l’entreprise, explique Ken Goldberg, les dirigeants devraient ainsi envisager l’IA est ses outils comme un moyen d’améliorer la performance des employés.

 

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En complément :

un article au sujet de métiers « inventés » par l’intelligence artificielle

et un autre (en anglais) à propos de l’accélération du développement de l’IA