Pour ou contre la dématérialisation de la monnaie ?

Seizième proposition du rapport « Cap22 », la dématérialisation intégrale de la monnaie suscite un vif débat entre ses partisans et ses adversaires. Si elle représente assurément un moyen efficace de lutter contre le blanchiment d’argent, elle permet également un profilage des usagers dont certains redoutent l’exploitation par les acteurs du privé.

Parmi les objectifs phares du rapport « Cap22 » figure la disparition de la monnaie matérielle à l’horizon 2022. Une ambition qui s’inscrit dans un projet d’envergure mondiale. Au-delà de la modernité que suppose l’abandon des pièces et des billets au profit d’une monnaie dématérialisée, les avantages sont légion : coûts de production et de circulation réduits, lutte anti-blanchiment ou encore lutte contre la criminalité et le financement du terrorisme.

 

Le marché des données des transactions dématérialisées

 

Pour parvenir à cet objectif, d’importants moyens devront être déployés : diminution du nombre de distributeurs, montant limités des retraits, disparition des grosses coupures… Parallèlement à la suppression pure et simple des transactions en argent liquide à l’échelle internationale, de nouvelles formes de paiement devraient continuer à se développer – si le paiement mobile décolle en Chine où des bus commencent à être équipés de lecteurs de QR Codes, 60 % des consommateurs français restent sceptiques. A la clé pourtant, des transactions plus rapides et moins rigides, et la faculté de toucher des populations vivant dans des zones plus reculées et traditionnellement exclues du cercle de la circulation monétaire.

Le projet est pourtant loin de faire l’unanimité. Ses détracteurs soulignent notamment l’empreinte laissée par la monnaie dématérialisée qui dépasse le strict cadre de la transaction et transforme l’usager en producteur d’informations, elles-mêmes susceptibles d’être monétisées. Profilage, évaluation psychométrique… dans ce contexte, ils alertent : ce n’est plus l’acte d’achat qui est analysé mais bien la personnalité de l’acheteur ! Et déjà, la tendance profite au marché du crédit, qui affine des profils d’emprunteurs sans se soucier de leur situation économique.

 

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