En Californie, les ponts servent aussi à collecter des données sismiques

Dans une région située au carrefour de plusieurs failles sismiques, les pouvoirs publics investissent massivement dans la prévention des tremblements de terre. Le comté de Los Angeles a ainsi mobilisé d’importants moyens pour remplacer le pont de Long Beach et l’équiper de capteurs collectant des données sismiques. 

Actuellement en cours de construction, le pont qui remplacera le Gerald Desmond Bridge surplombant le port de Long Beach à Los Angeles devrait être inauguré l’an prochain. Il s’étirera sur 2 680 mètres et intégrera 75 capteurs sismiques (ou « accéléromètres ») qui mesureront la force exercée sur la travée à chaque secousse provenant de l’une des nombreuses failles à proximité. Les données collectées – magnitude des secousses, vitesse de mouvement du sol et trajectoire – seront communiquées aux scientifiques des agences d’état – comme le CISN (California Integrated Seismic Network) – ainsi qu’aux universités, et viendront nourrir la base de connaissances de l’activité sismique qu’a développée l’Etat de Californie.

 

La collecte des données sismiques présente dans le cahier des charges

 

Depuis les années 70, l’Etat intègre nombre de capteurs de ce type à ses ponts et ses infrastructures, à l’instar du Bay Bridge de San Francisco qui en dénombre plus de 200.Toutefois, le fait d’avoir intégré ces capteurs dès les plans de conception du pont marque ici une grande première. Environ 15% de tous les cargos de containers entrant quotidiennement aux Etats-Unis empruntent cet accès. Un trafic qui justifie l’investissement sans précédent d’1,5 milliard de dollars pour remplacer le pont.

Conçu pour durer 100 ans, ce pont à haubans a été conçu pour résister à de violents tremblements de terre ou à un attentat terroriste. Située à quelques kilomètres de deux failles actives, Newport-Inglewood et Palos Verdes, capables de générer des secousses de magnitude 6,5 à 7, la travée n’est par ailleurs séparée de la célèbre faille de San Andréas que par 80 kilomètres. Sismologues et ingénieurs attendent donc impatiemment la collecte des premières données pour améliorer leurs prévisions.

 

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