La blockchain, un pari sûr

Le numérique est une voie d’amélioration certaine pour l’efficacité de l’assurance. La technologie blockchain, en particulier, dispose d’atouts décisifs pour les professionnels du risque, à travers l’automatisation des transactions et l’augmentation de leur sécurité. Son utilisation généralisée ouvre des perspectives économiques considérables au secteur.

Être prêt pour faire face aux imprévus. Le leitmotiv des assureurs pourrait bien s’appliquer à eux-mêmes s’agissant de la blockchain. Beaucoup s’y intéressent, mais à ce jour peu ont mis en œuvre ce qui pourrait s’avérer une technologie de rupture sans précédent, donnant un avantage concurrentiel décisif à ses premiers utilisateurs au sein du secteur. Le Boston Consulting Group (BCG) a ainsi calculé que l’industrie de l’assurance IARD (incendie, accidents et risques divers) pourrait, en cas d’un large déploiement de la blockchain, réduire son ratio d’exploitation combiné de 5 à 13 points et générer 200 milliards de dollars de marge technique supplémentaire.

 

Des smart contracts pour automatiser les activités opérationnelles

 

Pour y parvenir, les assureurs doivent identifier les atouts de cette technologie pour leurs propres activités, tout en levant les freins à son adoption. Le premier niveau, envisagé par la plupart des professionnels du secteur actuellement, consiste à employer uniquement ses propres données et utiliser une blockchain afin de diminuer la quantité de travail manuel et réduire les coûts de transaction. Une approche écosystémique permet quant à elle de prendre en considération des données externes pour, par exemple, améliorer la tarification ou limiter l’exposition à la fraude. Dans les deux cas, une blockchain permet d’établir des smart contracts afin d’automatiser des activités plus opérationnelles.

Transparence, confiance, confidentialité, résilience, efficacité, etc. : cette technologie peut apporter de nombreux bénéfices aux assureurs. Elle demeure toutefois confrontée à quelques obstacles d’ordre managérial ou technique. Libérer tout son potentiel implique notamment de partager certaines données avec des partenaires, ainsi que… des concurrents éventuels. En matière de gouvernance, de telles blockchains nécessitent de maintenir un équilibre à mesure que le nombre de parties prenantes augmente. Enfin, la question du passage à l’échelle demeure ouverte, tandis que les régulateurs n’ont pas encore établi de standards pour favoriser leur interopérabilité. Mais selon le BCG, face aux assurtechs et aux entreprises de l’économie du partage, l’attentisme représente une attitude risquée. Un comble pour un assureur.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article (en anglais) au sujet de la valeur ajoutée de la blockchain pour les entreprises,

et un autre à propos de l’investissement dans la blockchain.