Football : clubs et médias courent après les données

Longtemps plus réticent que d’autres sports collectifs, le football s’ouvre de plus en plus aux données. Les plus grands clubs européens se sont dotés de statisticiens et d’analystes de la performance pour tenter d’améliorer leurs résultats. Les médias s’y intéressent aussi dans le but d’augmenter l’expérience des spectateurs.

De nombreux commentateurs de la récente coupe du monde de football l’ont souligné : la victoire de l’équipe de France se caractérise par un « froid réalisme ». Les bleus de Didier Deschamps se sont imposés sans jamais dominer leurs adversaires — croates, belges ou argentins —, en leur laissant la possession du ballon et en tirant beaucoup moins souvent au but. Lors de cette compétition, l’Allemagne, tenante du titre, et l’Espagne, autre équipe favorite, ont été éliminées alors qu’elles confisquaient la balle en multipliant les passes face, respectivement, à la Corée du Sud (26 % de possession) et à la Russie (un unique tir cadré converti en but)…

 

Les plus grands clubs européens de football utilisent l’analyse de données

 

Depuis quelques années, les statistiques pleuvent dans l’univers du sport en général et du football en particulier. Des sociétés spécialisées, telles Opta Sports, abreuvent clubs et médias de données. Les premiers s’en servent pour optimiser les performances tant individuelles que collectives — les plus grands noms européens, Real Madrid, Liverpool FC, etc., ont recruté des analystes —, tandis que les seconds les utilisent pour étayer leurs analyses et enrichir l’expérience des spectateurs.

Mais pour être réellement pertinentes et produire du sens, les statistiques doivent être contextualisées et croisées avec d’autres données. Ainsi, des indicateurs tels que les « expected goals » (nombre de buts attendus sur une période donnée), alliés aux courses à haute intensité (au-delà de 21 km/h) — jugées plus intéressantes que le nombre de kilomètres parcourus — sont employés à la fois pour mesurer et prédire la performance d’un joueur ou d’une équipe. Certains observateurs craignent néanmoins que l’omniprésence des statistiques pousse les joueurs à transformer le jeu, par exemple pour obtenir des primes liées à l’optimisation de critères individuels (buts marqués, passes décisives, etc.), au détriment de la prestation collective.

 

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En complément :

Un article au sujet de la notion d’« expected goal »,

et un autre à propos du suivi statistique des coureurs cyclistes de l’équipe Sky.