La blockchain ou la révolution en entreprise

La blockchain, dont les premières applications dans le secteur de la finance véhiculent de nombreuses promesses, notamment en termes de sécurité et de confiance, pourrait révolutionner d’autres pratiques de l’entreprise, comme le recrutement, voire même les modes de rémunération et la gouvernance !

La blockchain prend de l’ampleur dans les métiers de la finance. Au-delà de son implication dans bitcoin, elle est également utilisée comme valeur d’échange pour les transactions interbancaires au niveau mondial. Crédit Agricole a ainsi opté pour le « Ripple », afin d’accélérer les délais de traitement de ces transactions. Et au-delà de problématiques purement financières, les entreprises s’y intéressent de près pour soigner leur relation client et partager en toute sécurité des informations avec leurs partenaires. Mais, bientôt d’autres domaines devraient être impactés, à terme, par l’envergure que prend la blockchain.

 

Au-delà des finances, le recrutement, voire plus…

 

Registre partagé, distribué et hautement sécurisé, la blockchain attire l’attention des spécialistes des RH. Elle peut, par exemple, faciliter la consultation de CV, tout en certifiant les informations qu’ils contiennent. En matière de recrutement, elle offre donc certaines garanties qui répondent en partie à la problématique des CV falsifiés. Elle a en outre le potentiel d’éviter certaines escroqueries qui ont fait la une de la presse dans le passé.

D’autre part, avec sa capacité à stocker des données de manière hautement sécurisée, la blockchain est déjà utilisée afin de conserver les diplômes des étudiants dans certaines universités. Le MIT a lancé un programme pilote de « diplôme digital » et une expérimentation est en cours à Nantes à l’IMT Atlantique. Tout ce que l’on peut trouver aujourd’hui sur un CV ou sur LinkedIn pourrait donc être conservé et authentifié dans une blockchain, avant d’être transmis à des recruteurs, qui n’auraient plus besoin de vérifier la véracité des informations, et ce, sans limite dans le temps.

Certains souhaitent pousser plus avant les expérimentations et imaginent de consigner compétences et performances dans une blockchain afin de garantir la justesse du salaire et de faciliter le suivi de carrière. La technologie pourrait être combinée avec une intelligence artificielle afin de mieux faire correspondre compétences et responsabilités, avec à la clé, des salariés plus motivés et productifs.

 

Bienvenue dans la token économie

 

Parallèlement, la « token économie » fait son entrée dans le monde des entreprises. Le « token », lointain descendant du méreau (ou « bon pour ») peut à la fois servir de monnaie d’échange, d’actif numérique et d’unité de valeur d’usage. Sa valeur évolue au gré des performances de l’entreprise (un peu comme une action). Il peut donc être échangé contre des services (ou une cryptomonnaie) ou servir de gratifications aux collaborateurs internes comme externes (là encore comme une action). Une manière d’augmenter l’engagement des salariés, voire de tout l’écosystème, en rémunérant non plus un temps de présence, mais la valeur d’une tâche ou d’une activité.

Enfin, les  « smart contracts » ou contrats intelligents – autre composant majeur de la blockchain – offrent plus d’atouts que les contrats traditionnels, au-delà de leur caractère infalsifiable et notamment grâce à la notion d’exécution automatique (une fois une mission accomplie, le salaire est versé automatiquement). Ce qui pousse certains commentateurs à prédire qu’ils vont révolutionner la gouvernance même de l’entreprise, en assistant, voire en remplaçant les managers !

 

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En complément :

Les apports de la blockchain aux experts du Marketing,

et un article sur les « Smart Contracts ».