Le retour de l’intuition comme support à la prise de décision

En matière de prise de décision, l’intuition a plutôt mauvaise presse. Or, d’un point de vue purement neurologique, il s’agit d’une forme de traitement de l’information, au même titre que la réflexion analytique, plus en vogue dernièrement. Face aux idées reçues, il convient d’accepter la coexistence et la complémentarité de ces deux modes de pensée.

Un dirigeant peut-il justifier une décision fondée sur une intuition ? Cela paraît difficile tant aujourd’hui, notamment dans nos sociétés occidentales, les émotions sont d’abord perçues comme des reliquats des temps primitifs. C’est pourquoi, lorsque nous suivons notre instinct, nous avons généralement tendance à vouloir rationaliser nos décisions a posteriori par le biais d’un raisonnement analytique. Or, des recherches sur le cerveau suggèrent que l’intuition prend sa source dans nos expériences passées afin d’affronter les situations présentes de façon optimale, à travers un mécanisme à base de comparaisons et de prédictions.

L’intuition, rapide et inconsciente, s’avère en fait complémentaire à la pensée analytique, consciente mais plus lente. Elle peut donc se révéler tout à fait pertinente au début du processus de prise de décision — de grandes hypothèses scientifiques sont ainsi issues de savoirs informels. Néanmoins, certaines précautions doivent être prises avant de se fier à son instinct. Dans une situation évolutive ancienne impliquant au moins un biais cognitif — autrement dit une faille systématique dans le processus de pensée — et pour laquelle on a peu d’expertise, mieux vaut se reposer sur un raisonnement analytique solide avant de prendre une décision…

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article au sujet de l’instinct et du leadership,

et un autre (en anglais) sur l’intuition des décideurs.