IA et santé en France : un essai à transformer

Les promesses de l’intelligence artificielle en matière d’amélioration des soins sont considérables. Leur matérialisation nécessite la collecte et le traitement de nombreuses données de santé. La France a pris des mesures afin d’ouvrir son système au potentiel de l’IA, mais des freins à la fois techniques et culturels subsistent.

Aux États-Unis, l’agence nationale chargée des médicaments et de l’alimentation a récemment autorisé un dispositif d’intelligence artificielle (IA) à diagnostiquer la rétinopathie diabétique sans l’intervention d’un médecin. La France, pour des raisons tant techniques que culturelles, est encore loin de pouvoir s’enorgueillir d’une telle annonce. Conscientes du formidable potentiel de l’IA en matière d’amélioration des soins, les autorités du pays ont annoncé fin mars la création d’un hub des données de santé afin de favoriser le développement d’une médecine individualisée, prédictive et préventive.

 

Un système national de données inadapté

 

L’accès à ces données constitue un premier pas indispensable dans cette perspective. L’actuel système national de données de santé (SNDS) en vigueur en France est inadapté au développement de l’IA dans ce secteur, a relevé le député Cédric Villani dans son fameux rapport sur le sujet. Les algorithmes requièrent en effet des informations contenues dans les dossiers médicaux des hôpitaux et des médecins de ville, pour l’heure absentes du SNDS. Pour les obtenir, il convient de numériser ces données et de les structurer de façon standardisée. Des logiciels de fouille automatique de texte peuvent y aider. Aussi, les systèmes des différentes organisations concernées doivent pouvoir communiquer entre eux et les données qu’ils contiennent se recouper, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

Les chercheurs en informatique de santé sont confrontés à d’autres difficultés. Le peu d’entrain de chefs de service hospitalier, plus désireux de conserver leurs données pour valoriser leurs propres travaux que de les partager au profit de tous, fait partie des obstacles. Par ailleurs, les directions hospitalières retiennent les investissements nécessaires au développement des bases de données médicales, compte tenu du faible bénéfice à court terme. Enfin, dans un contexte de controverses sur l’utilisation des données personnelles, les patients français, déjà peu enclins à adopter un dossier médical partagé que la loi restreint aux seules fins de coordination des soins, pourraient ralentir le recours à l’IA en matière de médecine.

 

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En complément :

Un article au sujet de la lutte contre la maladie de Parkinson avec l’IA,

et un autre à propos d’un diagnostic médical établi par une IA aux États-Unis.