Pour une IA au service de la société et des humains

L’importance majeure de l’intelligence artificielle dans la quatrième révolution industrielle en cours nous impose de réfléchir à ses effets imminents sur la société. Pour que l’IA profite aux humains, son développement doit avant tout être guidé par leurs propres préoccupations.

Les milliards pleuvent sur la planète IA. Grâce à la croissance des big data, à l’avancée des réseaux de neurones artificiels et à l’explosion des capacités de calcul, l’intelligence artificielle est devenue le nouvel eldorado de nombreuses industries – de la production à la santé en passant par la logistique et le transport – et le fer de lance d’une quatrième révolution industrielle. Une tendance lourde qui nous impose de réfléchir à l’impact sur la société de cette technologie qui n’a d’artificielle que le nom, selon Fei-Fei Li, professeure d’informatique et directrice du laboratoire d’IA à Stanford, également responsable scientifique à Google Cloud.

 

Une approche centrée sur les humains pour que l’IA joue un rôle positif sur la société de demain

 

Pour elle, si l’on souhaite que l’intelligence artificielle joue un rôle positif pour le monde de demain, il convient de l’aborder avec une approche centrée sur les humains, qu’elle décline en trois objectifs. Premièrement, l’IA doit refléter plus en profondeur ce qui caractérise notre propre intelligence, à savoir, pour commencer, le sens de la nuance. Pour cela, les programmeurs devront (ré)apprendre à collaborer plus souvent avec des experts d’autres domaines, comme les sciences cognitives, la psychologie et même la sociologie. Un rôle d’entremetteur dévolu aux universités, explique Fei-Fei Li.

Deuxième objectif : concourir à ce que l’intelligence artificielle devienne un allié des humains et non un remplaçant. En matière de soin aux aînés, par exemple, les robots ne sont pas destinés à supplanter l’affection apportée par les professionnels, mais à les soulager en surveillant automatiquement les doses de médicaments. L’idée est de confier aux machines les tâches répétitives, sujettes à erreur, voire dangereuses, et de réserver aux humains les aspects créatifs, intellectuels et émotionnels du travail, là où ils excellent.

 

Se préoccuper des conséquences sur la société à chaque étape du développement de l’IA

 

Enfin, une IA centrée sur l’humain doit, d’après la chercheuse, se préoccuper de ses conséquences sur la société à chaque étape de son développement. Ce souci éthique requiert un engagement de nos plus grandes institutions. Outre les universités, les gouvernements doivent encourager l’éducation aux sciences du numérique et favoriser la diversité au sein de ces formations. De même, les acteurs économiques devraient, en parallèle de leurs investissements massifs dans l’IA, adopter des politiques éthiques en la matière. Car, conclut Fei-Fei Li, quel que soit le degré d’autonomie qu’acquerra cette technologie, son impact sur le monde sera toujours de notre responsabilité.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article (en anglais) sur l’impact de la robotisation à l’échelle mondiale,

et une autre au sujet de la responsabilité des entreprises en matière d’IA.