Le monde s’arrache les cerveaux de l’intelligence artificielle

Au-delà des géants du numérique, nombre d’entreprises et de startups misent sur l’intelligence artificielle. La réussite dans ce domaine d’avenir passe par l’investissement dans les talents. La recherche académique française apparaît bien positionnée, mais les débouchés industriels étant rares, ses cerveaux choisissent souvent de s’exporter.

Les entreprises traditionnelles rencontrent des difficultés pour attirer les meilleurs talents en intelligence artificielle (IA). Pour percer dans ce domaine d’avenir, elles se voient contraintes de renforcer leur visibilité face aux géants du numérique et aux startups spécialisées, qui séduisent ces cerveaux compétents à la fois en mathématiques et en informatique en leur proposant des rémunérations et des perspectives attractives. Or la compétition est mondiale, et le vivier limité.

 

Formation : plus de diplômés en IA

 

La France présente à cet égard un paysage contrasté. D’un côté, elle souffre du manque d’un leader mondial en matière d’IA et donc de débouchés en recherche appliquée. C’est pourquoi ses meilleurs spécialistes s’exportent en Amérique du Nord, à l’image du chercheur Yann Le Cun, recruté par Facebook pour diriger sa division IA. De l’autre, ses universités et centres de recherche académiques multiplient les partenariats avec des multinationales du numérique. Fin 2016, six centres privés étrangers étaient implantés sur son territoire, qui offre de bonnes possibilités de mise en réseau des ressources. Des marques prestigieuses, telles Valeo ou Google, prévoient en outre d’y installer leurs futurs centres de recherche en IA.

Si elle souhaite rester dans la course, la France devra former beaucoup plus d’experts en IA que le millier de diplômés en master sortis ces deux dernières années. Pour Cédric Villani, député-mathématicien chargé d’une mission à ce sujet, il convient aussi de créer des ponts entre le monde académique et celui de l’entreprise, en favorisant la multi-appartenance des chercheurs (qui pourraient ainsi partager leur temps entre le public et le privé), ainsi que les conventions de coopération. La montée en gamme apparaît comme la condition essentielle à la réussite du pays sur le terrain de l’intelligence artificielle.

 

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En complément :

Un article au sujet de la création de l’association Hub France IA,

et un autre (en anglais) sur l’explosion du besoin de compétences en IA au Royaume-Uni.