Des produits de beauté sur mesure grâce à l’IA

Parce que la crème de jour qui convient à une jeune fille de 20 ans dans le sud-est asiatique n’est pas adaptée à une femme de 40 ans dans le grand Nord, les laboratoires de cosmétique développent des formules de soins personnalisées. Une stratégie qui repose sur la collecte de données, l’intelligence artificielle et le machine learning.

A l’instar d’autres domaines comme la maroquinerie ou le prêt-à-porter, le marché de la cosmétique cède peu à peu à la tendance de la personnalisation. De plus en plus de laboratoires explorent en effet, la piste de produits spécifiquement adaptés à chacun de leurs consommateurs, en recourant à l’intelligence artificielle et au machine learning. Depuis quelques années, on voit donc émerger des marques comme Proven, qui développe des formules personnalisées de soin pour la peau ; Curology, spécialisé dans le traitement de l’acné ou encore Function of Beauty, l’expert des shampoings et après-shampoings sur mesure.

 

Limites de l’IA et importance du jugement humain

 

A la lisière entre startup technologique et laboratoire pharmaceutique, ces marques s’appuient toutes sur les données collectées auprès de leurs consommateurs pour établir leurs diagnostics individuels. Proven tire par exemple parti d’une base de données regroupant plus de 8 millions d’avis de consommateurs, 100 000 produits, 20 000 ingrédients entrant dans leur composition et 4 000 articles scientifiques sur le sujet. Côté client, le principe est toujours le même : en remplissant un questionnaire, chaque nouveau consommateur vient alimenter la base. En échange, il reçoit des recommandations personnalisées ainsi que des produits sur-mesure répondant à ses besoins uniques.

 

Si, dans l’élaboration des produits cosmétiques, les technologies apportent incontestablement une valeur ajoutée en termes de précision et de rigueur, la dimension humaine reste toutefois importante pour nombre de nouveaux entrants sur le marché. Chez Proven, par exemple, une fois les bons ingrédients identifiés par l’IA, c’est à un chimiste que revient le soin d’élaborer la formule afin notamment d’en apprécier la qualité de texture. De même, pour David Lortscher, fondateur de Curology, ce n’est pas à un algorithme de décider d’un traitement mais bien au praticien qui suit son patient. Si la technologie doit aider au diagnostic, elle ne doit en aucun cas remplacer le jugement humain.

 

 

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