Les stress-tests mis en place dans le cadre de la réglementation Bâle II n’ont pas prouvé leur efficacité lors de la crise de 2008. Ils se sont révélés mal adaptés à des crises conjoncturelles rapides. Ce qui a entraîné la rédaction des nouveaux accords, dits de Bâle III. Parallèlement, l’Autorité bancaire européenne a défini un nouveau modèle de test de résistance et de solvabilité. Eclairages d’Amal Merzouk, Sr Business Solution Manager Risk, SAS.

Les stress-tests mis en place dans le cadre de la réglementation Bâle II n’ont pas prouvé leur efficacité lors de la crise de 2008.

L’ampleur et la durée de la crise financière ont amené nombre de banques et d’autorités de surveillance à se demander si les tests de résistance avaient été appropriés avant la crise et s’ils étaient adaptés à des fluctuations conjoncturelles rapides. La situation s’est révélée, à bien des égards, beaucoup plus grave que les résultats des stress tests ne le laissaient prévoir, mais sans doute aggravée par une pratique moins rigoureuse de ces tests en réaction aux différents événements.

Les tests de résistance sont l’une des sept conditions exigées par le Comité de Bâle pour pouvoir utiliser un modèle interne (le pilier 1 du dispositif Bâle II exige des banques qu’elles utilisent des modèles internes). Le Comité s’est engagé avec les acteurs du secteur à en examiner les pratiques. En Europe, la structure et le pouvoir des autorités de surveillance ont fait l’objet de réformes. Les stress tests et d’autres macro instruments prudentiels ont été introduits, et les principales banques de la zone euro ont été placées sous la surveillance de la Banque centrale européenne via le mécanisme de supervision unique.

 

De nouveaux tests européens de résistance

 

Parallèlement, l’Autorité bancaire européenne (EBA) a défini les éléments clés d’un test de résistance européen prévu pour 2016, reposant sur une approche ascendante contrainte, une hypothèse de bilan statique et une large couverture des risques — pour évaluer la solvabilité des banques européennes. Cette année, l’EBA a opté pour un exercice de transparence, moins onéreux que les stress tests. Ainsi, 109 établissements prêteurs devront publier des informations sur leurs bilans, la composition de leur capital, leur ratio de levier financier, leur exposition à la dette souveraine, leurs actifs pondérés et leur exposition au risque de crédit.

Le nouveau test de résistance de 2016 couvrira nombre d’aspects du test européen de 2014 et s’appuiera sur les enseignements tirés des précédents exercices pour garantir l’incorporation des résultats dans le processus.

Une centaine de responsables du secteur bancaire aux États-Unis et en Europe ont évalué l’impact sur leurs entreprises du développement des tests de résistance. Selon les principales conclusions de l’enquête, les responsables de la gestion des risques ont encore à faire pour satisfaire aux exigences des autorités de surveillance. La principale difficulté concerne l’utilisation des stress tests et leur intégration dans une stratégie de gouvernance des risques, ce que la crise financière avait également révélé quant aux faiblesses organisationnelles de ces programmes.

 

Téléchargez la synthèse de l’enquête réalisée par SAS et Longitude Research sur les stress tests

 

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