En Inde, les élections se gagnent avec les big data

S’il est un point sur lequel partis de gouvernement et d’opposition indiens semblent s’accorder, c’est sur le rôle des big data dans le succès d’une campagne électorale. A l’instar du BjP qui a remporté les dernières élections partielles en Uttar Pradesh, tous misent sur la collecte d’informations pour améliorer le ciblage des votants.

L’actuel Premier ministre indien, Narendra Modi, a pu mesurer la popularité de son parti, le BjP, au cours des élections partielles qui ont eu lieu dans l’Uttar Pradesh le mois dernier. Pionnier du recours à des techniques de campagnes basées sur les big data – celles-là même qui avaient conduit Obama à la Maison Blanche – Narendra Modi a ouvert la voie, rejoint dans sa quête de données par d’autres partis. Ainsi dans l’antenne locale du Samajwadi Party en Uttar Pradesh, l’une des provinces les plus peuplées et les plus pauvres du pays, on a recensé durant les semaines qui ont précédé le scrutin quelque 45 000 appels par jour pour interroger les votants sur leur profil et leurs intentions de vote… de quoi alimenter une base de données de 75 millions de votants.

 

Une vision panoramique et des messages ciblés

 

La plus vaste opération de collecte de données réalisée à ce jour en Inde à des fins politiques n’a pas été simple à mettre en place. Contrairement au Royaume-Uni où l’on peut compter sur les quizz Facebook pour disposer des profils psychographiques détaillés des électeurs, en Uttar Pradesh, la collecte reste essentiellement manuelle. De plus, le téléphone demeurant hors de portée d’une partie de la population, les représentants ont dû se rendre sur le terrain pour lister les votants, identifier les influenceurs, prendre le pouls de la campagne et mettre à jour les coordonnées des électeurs. Une tâche ardue complexifiée par une législation qui restreint considérablement le périmètre des informations à collecter.

 

En 2013, une entreprise spécialisée dans l’analytique s’était lancée dans la conception d’une base de données de 810 millions de votants en croisant les informations du recensement et des listes électorales. Passé les difficultés liées aux déclinaisons orthographiques des noms, l’exercice a mis en évidence l’absence de représentation sur les listes électorales des individus de 18 à 27 ans, une classe d’âge clairement favorable au parti du Premier ministre en fonction. Une vaste campagne avait donc été menée pour inciter les jeunes à s’inscrire. Une fois en place, la base a permis de cibler, avec des messages adaptés, des catégories bien précises d’électeurs ou encore d’identifier les leaders d’influence dans les provinces reculées. Une stratégie qui a manifestement porté ses fruits.

 

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