Blockchain et voiture autonome : l’avenir du transport urbain

Des véhicules électriques sans conducteur… et sans propriétaire. Dans quelques années, le paysage du transport urbain pourrait avoir été complètement redessiné par la double révolution technologique de la voiture autonome et de la blockchain. Avec, à la clé, un air bien moins pollué, mais aussi une reconfiguration économique et sociale sans précédent.

Beaucoup de citadins rêvent d’une ville débarrassée des embouteillages, où l’air serait plus respirable et l’espace réservé aux piétons et aux bicyclettes plus important. Ce futur commence à se construire à travers un certain nombre d’innovations technologiques et sociales qui visent à déployer des flottes de véhicules autonomes électriques et partagés. Les plus optimistes envisagent une réduction de 90 % du nombre d’automobiles circulant dans les artères urbaines, de quoi largement contribuer à la lutte contre le changement climatique.

 

Blockchain, pierre angulaire de la transition de la propriété vers l’usage

 

Deux technologies clefs sont au cœur de cette transition : la voiture autonome et la blockchain. L’essor de la première est déjà anticipé par les constructeurs automobiles historiques, dont les ventes pourraient chuter de 40 % dans les 25 prochaines années. Alors que certains investissent dans des services de covoiturage, d’autres promettent que les premiers véhicules autonomes électriques seront commercialisés dès 2020. Tesla compte aussi proposer à ses clients de rentabiliser leur acquisition en la mettant à la disposition d’une flotte de véhicules partagés, loués à d’autres usagers, lorsqu’ils ne l’utilisent pas. Un basculement de la propriété vers l’usage dont la blockchain serait justement la pierre angulaire.

Cette seconde technologie permet en effet de réaliser des transactions pair-à-pair sécurisées, indépendamment d’une autorité centralisée, comme une banque, ou même d’un service tiers tel Uber, tant pour le partage des véhicules que pour le paiement des péages ou du stationnement. Elle donne aussi la possibilité de garantir l’identité d’un passager tout en protégeant l’anonymat de son trajet. Enfin, elle ouvre la perspective d’une mobilité urbaine où les termes, les conditions et les tarifs du service pourront être négociés directement entre fournisseurs et clients.

Ces évolutions auront des conséquences à la fois économiques et sociales. Les voitures autonomes auront pour effet d’éliminer le coût du conducteur humain, la blockchain celui des intermédiaires. L’impact sur des emplois peu ou moyennement qualifiés, comme les chauffeurs de taxi ou les livreurs, pourrait s’avérer important. D’où la nécessité pour les décideurs d’insister sur les bénéfices d’une transition vers un modèle post-capitaliste, où la richesse repose plus sur la connaissance que sur le capital ou le travail, et où les valeurs de collaboration et de bien social supplanteront peu à peu celles du profit et de la loi de l’offre et de la demande.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article (en anglais) au sujet d’une application à base d’IA suggérant des lieux à visiter,

et un autre (en anglais) à propos d’une initiative basée sur la blockchain pour favoriser le rechargement des véhicules électriques.