Hommes-machines : en quête du meilleur des deux mondes

En s’imposant dans tous les secteurs, l’intelligence artificielle bouleverse la notion même d’avantage concurrentiel. La collecte et le partage de données deviennent des priorités stratégiques et c’est désormais leur analyse qui génère le plus de valeur. Si les intelligences artificielle et humaine affichent de réelles complémentarités, adapter l’entreprise au changement nécessite beaucoup de flexibilité.

Avec l’avancée de l’intelligence artificielle, notamment dans le traitement automatique du langage ou la reconnaissance visuelle, nombre de tâches jusqu’alors accomplies par des humains sont désormais efficacement exécutées par des machines dans bien des domaines. Souvent comparés pour leur capacité à penser et interagir, les systèmes d’intelligence artificielle fonctionnent pourtant très différemment de l’intelligence humaine, avec leurs forces (rapidité de traitement séquentiel) et leurs faiblesses (incapacité à couvrir tous les champs d’une intelligence « générale »).

 

Complémentarité entre intelligences humaine et artificielle

 

Cette cohabitation nécessaire des hommes et des machines suscite l’évolution de la notion d’ « avantage concurrentiel ». Si dans les années 80 un système informatique pouvait générer à lui seul un avantage concurrentiel, ce ne peut plus être le cas aujourd’hui, à l’heure de l’open source et de l’open innovation. Mais loin de supprimer les sources traditionnelles d’avantage concurrentiel, l’IA les « recadre ». La donnée, par exemple, devient centrale. L’enrichir – pourquoi pas avec des informations issues de la concurrence ? – est une nécessité. Partager des données n’est plus tabou. De même, en combinant méthodes agiles et machine learning, les entreprises seront en mesure de fusionner analyse et traitement des données pour former un cycle vertueux d’apprentissage et d’amélioration continus.

 

Avec l’avènement de l’intelligence artificielle et l’évolution des vecteurs de compétitivité, les problématiques stratégiques des entreprises concernent désormais plus l’organisation, les technologies et les connaissances. La flexibilité et l’agilité chères aux startups et aux pionniers de l’IA sont désormais les principales qualités attendues des hommes comme des machines, pour s’adapter en permanence au changement. Une ambition qui passe bien souvent par une réorganisation de l’entreprise autour d’une combinaison de processus centralisés et décentralisés, mais aussi par une politique d’emploi plus souple et la formation continue des collaborateurs. Car pour profiter de tout le potentiel qu’offre l’intelligence artificielle, hommes et machines doivent non seulement travailler ensemble, mais aussi apprendre l’un de l’autre.

 

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