L’agriculture en pleine révolution technologique

Face à la crise que traverse depuis vingt ans le monde agricole, l’innovation technologique déborde de promesses. Il ne s’agit pas seulement d’optimiser la production en améliorant le rendement, mais de revoir également les modes de production pour offrir davantage d’autonomie aux agriculteurs et leur permettre d’opérer un rapprochement avec les consommateurs.

Innovation oblige, entre les capteurs répartis sur les parcelles de terrains cultivés, les colliers connectés du bétail et les drones surveillant l’évolution des cultures… l’agriculteur 3.0 dispose aujourd’hui d’une multitude de données pour gérer son exploitation. Il la pilote désormais derrière son écran, à l’aide d’un tableau de bord actualisé en temps réel. Endossant la fonction d’analyste, il exploite ces nombreuses données pour optimiser sa production, prévoir son rendement, anticiper des événements, mais également réduire la quantité de pesticides ou d’intrants, ou encore lancer des expérimentations.

 

L’agriculture arrive en ville

 

Si les tracteurs sont depuis longtemps connectés et peuvent être pilotés via une simple télécommande, les drones envahissent les campagnes (leur caméra embarquée permettant de repérer en quelques secondes la moindre anomalie). Dans le même temps, les progrès réalisés en matière de robotisation pallient le manque de main d’œuvre dans certains domaines. La découpe de la viande, qui demande par exemple des compétences bien spécifiques, peut désormais être assurée par des cobots (robots collaboratifs) équipés de couteaux intelligents, voire par des humains équipés d’un exosquelette comme dans l’industrie. La robotisation de certaines tâches agricoles, notamment dans les abattoirs, a déjà permis de réduire la pénibilité des tâches et de limiter l’apparition de troubles musculo-squelettiques.

 

L’ensemble de la chaîne de valeur – de la ferme à l’assiette, en passant bien-sûr par le réseau de distribution – est bouleversée par le numérique. Cette évolution illustre les nouvelles exigences des consommateurs qui réclament désormais plus de proximité avec le terrain agricole, par exemple par des circuits courts. Elle préfigure également la société de demain. Et dans le domaine agricole, la créativité semble sans limite. Par exemple, le nombre de micro-productions agricoles explose au sein des villes. Ces fermes urbaines ou verticales – parfois alimentées en chaleur par des data centers – seront bientôt essentielles pour nourrir les centres urbains où se concentrera, d’ici à 2050, 80% de la population mondiale. Au programme de cette agriculture urbaine : production locale, circuits courts, engagement écologique. Une véritable disruption, à analyser dans le contexte de la mutation globale du monde paysan.

 

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