Lutte contre la fraude : l’importance de l’analytique

La lutte contre la fraude doit intervenir à tous les niveaux d’une organisation et utiliser tous les moyens à sa disposition : politiques, organisationnels et techniques. Par Sadi Bezit, Responsable de la lutte contre la fraude pour l’Europe de l’Ouest chez SAS.

La lutte contre la fraude doit intervenir à tous les niveaux d’une organisation et utiliser tous les moyens à sa disposition. Cependant, il est essentiel de faire la distinction entre les différents moyens politiques, organisationnels et techniques.

Persuader les États de mieux s’organiser pour faciliter l’échange d’informations entre administrations peut être décisif, même dans le contexte du resserrement des réglementations liées au respect de la vie privée des individus. De nombreuses sources d’information sont encore isolées, incomplètes ou inadéquates en termes de qualité des données, parfois du fait du manque de ressources ou de volonté politique. Certains États ont décidé d’améliorer la collaboration des organismes publics, en créant un Secrétariat d’État ou une Direction Nationale en charge de la lutte contre la fraude pour organiser la mise en commun des ressources (par exemple policières et judiciaires). Cette entité doit disposer de suffisamment de ressources afin de pouvoir agir, et disposer de la crédibilité et de l’autorité nécessaires pour mettre en œuvre une approche collective de lutte contre la fraude.

Parallèlement, certains États se sont tournés vers le marché pour trouver des solutions techniques fiables réduisant les cycles de détection de la fraude, tout en améliorant l’efficacité des équipes chargées des audits et des investigations. Les technologies anti-fraude sont matures et éprouvées, particulièrement dans les domaines de l’analyse de données et de l’interprétation statistique. Elles offrent en outre une transparence complète sur les modèles déployés et les variables qu’ils utilisent. Ceci permet d’accélérer l’adhésion des utilisateurs métiers – dont les équipes chargées des audits et des inspections.

Ces outils uniques permettent d’explorer et d’identifier les liens cachés entre des individus et des organisations, et à mesure que les réseaux sociaux dédiés et criminels deviennent de plus en plus actifs, essentiels et omniprésents. Ceci est dû en partie au fait que leurs interfaces utilisateurs et opérationnelles ont été considérablement améliorées et rendues beaucoup plus conviviales ces dernières années, par des sociétés, comme SAS, investissant massivement en R&D.

Il est de plus en plus facile de contrôler des individus qui, du fait de leur comportement, ont suscité l’attention des responsables de la lutte contre la fraude, et ce, même en tenant compte des contraintes liées au respect de la vie privée. Et ceci est encore plus pertinent lorsqu’il est possible d’identifier et d’interpréter le cadre dans lequel évolue l’individu, car il affecte le niveau de risque auquel une organisation est exposée. Combiner des informations issues de différents organismes publics ou de multiples sources peut souvent permettre d’identifier un individu qui n’aurait pas déclenché d’alarme chez l’un d’eux en particulier. Les organismes ou agences peuvent exploiter de puissants algorithmes pour combiner ces informations et améliorer l’analyse de tout lien suspect établi au sein d’un cadre précis, à l’image de ce que font les Douanes du Royaume-Uni pour réduire l’évasion fiscale. Cette analyse métier complète et traçable peut ensuite être transmise à la police ou à d’autres autorités si nécessaire.

 

Une surveillance renforcée

 

Une bonne analyse des réseaux doit contribuer à protéger les entreprises et les individus, qu’ils soient ou non des employés. La fraude, en réalité, peut émerger à la fois de l’intérieur et de l’extérieur de l’entreprise, ce qu’illustre l’intérêt récent dans la fraude aux achats. L’analyse peut reposer principalement sur des données internes, plutôt que sur des données externes ou publiques protégées, mais une bonne et solide analyse permet de détecter plus rapidement, plus tôt et de manière plus efficace des cas de fraude complexe, ainsi que des abus, des anomalies et également des tendances et préférences marketing. Ces connaissances fiables obtenues via des analyses lancées initialement dans le cadre d’une stratégie de prévention de la fraude, peuvent être partagées à travers l’organisation, pour en faire bénéficier d’autres départements poursuivant des missions similaires. Avec une gouvernance efficace, ce type de partage d’informations peut aider les organisations à relever de multiples défis.

Enfin, une dernière problématique découle de cette stratégie. Le partage d’informations requiert également une gestion globale et intégrée du système de traitement de l’information. Il ne s’agit pas de simplement garantir que l’information est prête à être utilisée, mais de répondre également aux contraintes réglementaires – comme par exemple d’assurer la traçabilité des données. Une bonne gouvernance des données peut servir de multiples objectifs.

 

Sadi Bezit, Responsable de la lutte contre la fraude pour l’Europe de l’Ouest chez SAS.

* * * * * *

Sadi Bezit est Responsable de la lutte contre la fraude pour l’Europe de l’Ouest chez SAS. Son rôle est de conseiller les décideurs des principales institutions financières en matière de conformité réglementaire et d’accompagner leurs équipes dans le déploiement de projets analytiques visant à améliorer l’efficacité opérationnelle et à atténuer les risques.

Diplômé de l’Ecole des Hautes Etudes d’Ingénieur et titulaire d’un MBA en économie, Sadi a rejoint SAS en 2013, après avoir collaboré avec des éditeurs et cabinets de conseil.

 

 

A télécharger un ebook qui explique pourquoi une approche fragmentée de lutte contre la fraude rend toute organisation vulnérable aux criminels qui peuvent repérer et exploiter ses faiblesses avec une vitesse étonnante et un impact dévastateur