La robotisation aura-t-elle un impact rapide et lourd sur l’emploi ?

L’accélération des progrès technologiques a longtemps fait craindre une robotisation massive des tâches professionnelles qui entraînerait la disparition soudaine de millions d’emplois. Un scénario écarté par un récent rapport de l’institut McKinsey qui table au contraire sur un processus progressif qui pourrait toutefois concerner plus de domaines que prévu.

Qu’on l’ait rêvé ou  redouté, le remplacement de l’ensemble des actifs par des robots n’est pas encore pour demain. C’est en substance ce que laisse entendre un récent rapport de l’Institut McKinsey qui table davantage sur une transformation du travail que sur une disparition pure et simple des emplois. C’est que l’automatisation des tâches professionnelles ne dépend pas des seules avancées technologiques ;  l’économie, le marché du travail, les réglementations, etc. sont autant de paramètres à prendre en compte. Par exemple, malgré les progrès considérables accomplis autour du véhicule autonome, les chauffeurs routiers ne devraient pas pour l’heure se faire trop de soucis : rien qu’aux Etats-Unis, le coût du remplacement du parc de camions se chiffre à un trillion (un milliard de milliards) de dollars !

 

Automatisation : quels métiers sont ciblés ?

 

D’après ce rapport, 49 % du temps de travail pourrait être automatisé, soit une économie de 15,8 milliards de dollars et l’équivalent de 1,1 milliard de travailleurs dans le monde. Toutefois, seuls 5 % des emplois seraient entièrement automatisables. Quels sont-ils ? Dans l’opinion, l’intelligence artificielle représente avant tout une menace pour les emplois à faible valeur ajoutée, dans l’industrie comme dans les services. Mais les récentes innovations en matière de traitement automatique des langues semblent ouvrir de nouveaux horizons à la robotisation. Via le passage au crible d’importants volumes de texte, des algorithmes permettraient par exemple d’automatiser tout un pan du travail des avocats. D’après le rapport, le traitement automatique des langues constituerait même un levier clé pour l’accélération de l’automatisation.

 

Pour l’heure, les projections quant à l’impact de l’automatisation sur le travail varient du tout au tout : si des chercheurs d’Oxford estimaient en 2013 qu’aux Etats-Unis, 47% des emplois étaient sur la sellette, un rapport de l’OCDE datant de 2016 considère au contraire que dans ses 21 pays membres, en moyenne, seuls 9 % des emplois seraient menacés. Le rapport de McKinsey établit que la moitié des activités recensées aujourd’hui pourraient être automatisées d’ici à 2055, à vingt ans près en fonction des tendances économiques et des dynamiques de marché. Toutefois, le rapport souligne que, loin d’être alarmante, cette perspective peut au contraire constituer une réponse à certains enjeux démographiques, comme par exemple aux USA, où les plus de 65 ans représenteront 24 % de la population en 2060.

 

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L’avenir du travail à l’ère des robots,

Automatisation : quelles tâches sont concernées ?