Restituer la complexité sous une forme qui nous est accessible

C’est un fait : les big data font désormais partie de nos vies, et pour les rendre plus concrets, rien ne vaut la visualisation des données. Selon l’infographiste Giorgia Lupi, cette discipline entre dans une nouvelle ère, celle du « data humanisme », capable de refléter la complexité du monde pour produire de véritables nouvelles connaissances.

Les données représentent désormais l’un des piliers de notre économie. Sans que nous en ayons nécessairement conscience, elles transforment le rapport que nous entretenons avec la connaissance. Pour Giorgia Lupi, experte en conception graphique, la visualisation des données est vouée à devenir un élément central de cette révolution silencieuse, grâce à sa capacité unique à véhiculer de l’information sans passer par l’intermédiaire du langage.

L’avènement du Web a entraîné le développement d’une première vague d’outils permettant de populariser la visualisation des données autour d’infographies simples — voire parfois simplistes. En effet, selon Giorgia Lupi, les représentations graphiques issues de cette vague étaient relativement superficielles et ne permettaient pas de traduire toute la complexité des questions auxquelles les données peuvent répondre en étant astucieusement combinées. Pour elle, l’avenir de la visualisation des données passe donc par la personnalisation.

 

Personnaliser les visualisations pour valoriser la profondeur et l’engagement

 

Dans cette optique, la complexité des données et des problèmes qu’elles abordent devrait se retrouver dans des représentations graphiques qui tiennent compte du contexte. Dans un supplément culturel du quotidien italien Corriere Della Serra, l’infographiste mentionne son travail où des données brutes transformées en connaissances interconnectées permettent d’offrir des niveaux de lecture supplémentaires, non-linéaires, en complément de l’information principale — le texte. Ce type de visualisation dense et non-conventionnelle valorise à la fois la profondeur de l’information et l’engagement personnel du lecteur.

Pour G. Lupi, les solutions standards ne permettent pas de répondre à tous les besoins, car elles manquent de possibilités de personnalisation. Un même jeu de données peut donner lieu à des interprétations tout à fait différentes : les données constituent un outil permettant de filtrer la réalité de façon subjective, où le contexte joue un rôle primordial dans la compréhension des grands événements et des bouleversements sociaux. En outre, conclut-elle, les données étant un produit de l’humanité, elles véhiculent les mêmes imperfections et approximations. Pour elle, il est nécessaire que la conception graphique intègre ces limites.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article (en anglais) à propos de visualisation des données et de réalité virtuelle,

et un autre (en anglais) au sujet d’un projet de visualisation des données en réalité virtuelle porté par la Nasa et Caltech.