« Deepbach » : le réseau neuronal qui compose à la manière de Bach

Deux chercheurs des laboratoires Sony à Paris ont conçu un réseau neuronal capable de générer des cantates dans le plus pur style du compositeur Jean-Sébastien Bach. Baptisé DeepBach, l’outil, développé à l’aide de techniques de deep learning, parvient même à leurrer les professionnels du secteur.

Hymnes polyphoniques basés sur des textes liturgiques, les célèbres cantates de Bach se caractérisent par leur rigueur : une mélodie unique accompagnée de trois harmonies. Un modèle constant qui a incité Gaëtan Hadjeres et François Pachet, chercheurs au sein des laboratoires Sony de Paris, à développer « DeepBach », une machine capable de composer à la manière du maître allemand. En transposant les données mélodiques et harmoniques de 352 cantates dans d’autres clés, ils ont pu constituer une base de 2 503 morceaux. 80% d’entre eux ont servi à instruire et « entraîner » le réseau neuronal, les 20 % restants étant destinés à sa validation.

 

Une lecture mathématique des cantates de Bach

 

Le résultat est saisissant. L’analogie est telle que même des musiciens professionnels ne parviennent pas toujours à distinguer les originaux des répliques. D’après une étude menée auprès de 1600 personnes, dont un quart de professionnels et d’étudiants du secteur, plus de la moitié des auditeurs attribueraient à Bach les cantates générées par Deepbach, alors que seuls trois quarts reconnaîtraient bien l’œuvre du compositeur.

 

Surprenant ? Pas tellement si l’on considère la dimension mathématique de la musique en général et de l’œuvre de Bach en particulier. En effet, suivant un flux ordonné bien défini, ses compositions relèvent souvent d’un modèle quasi algorithmique. De manière générale, l’intelligence artificielle répond particulièrement bien aux domaines où s’appliquent les mathématiques. Les progrès par exemple dans la reconnaissance de parole et les assistants vocaux sont là pour en attester. Mais bien d’autres secteurs pourraient bientôt en bénéficier, jusqu’à la psychiatrie, la lutte contre la criminalité ou le juridique.

 

Lire l’article (en anglais) :

 

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